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 Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran

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Sonia75
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Féminin Nombre de messages : 3935
Date d'inscription : 16/10/2012

MessageSujet: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 00:55

hjbbng

Le Saint Coran est la source principale des enseignements de l’Islam et de la législation. Il est la parole de Dieu dictée par l’ange Gabriel au Prophète Muhammad hgbvnvnv Il a été révélé par étapes successives, puis conservé par écrit et appris par cœur par des dizaines de milliers de compagnons du Prophète hgbvnvnv .


Il incombe à toute l’humanité de prendre le Coran pour guide et loi dans les affaires de la vie : Politiques, économiques, sociales, religieuses, éducatives, culturelles… En effet, le monde n’a jamais connu et ne connaîtra jamais un livre complet qui reforme les âmes, les consciences et les sociétés, plus que le Saint Coran. Il est en effet le plus complet et le plus important de tous les livres célestes : il renferme tout ce que renfermaient les révélations passées et il est le dernier Livre venant du Seigneur de l’Univers, Allah le Très Haut l’a fait descendre pour l’éducation de cet être combien honoré et privilégié par Allah : l’homme, afin qu’il puisse s’élever à l’ombre de la voie Coranique au plus haut niveau que peut atteindre l’être humain. Et afin qu’il puisse réaliser et concrétiser sa distinction et sa primauté sur toutes les autres créatures de la nature, en faisant usage de sa raison et de sa pensée pour comprendre quelques aspects de ce que renferme ce grand livre comme ordres, interdictions, lois, adorations, récits et leçons à travers chacun de ses chapitres et à travers chacun de ses versets, mieux, à travers chacun de ses mots. En effet, Celui qui l’a fait descendre est le Sage par excellence, le Bien informé et le Savant par excellence.


Il a donc placé chaque lettre, chaque mot, chaque verset et chaque chapitre, à la place qui lui convient, de par Sa sagesse et Sa science, de sorte que nul ne peut ni n’a le droit de déplacer en avant ou en arrière une lettre, un mot, un verset ou un chapitre de ce Livre ; et il ne convient non plus à personne d’y ajouter ou d’en diminuer quoi que ce soit.


Après la mort de notre Prophète Muhammad hgbvnvnv , Abou Bakr, le premier calife, décida de réunir les fragments de versets révélés écrits sur différents supports, en un seul ouvrage. Cet exemplaire a été conservé jusqu’au temps du troisième calife, Othmâne, qui en a fait plusieurs copies et les a envoyés dans les différentes contrées musulmanes. Depuis quatorze siècles, la même version est en usage, contenant les mêmes mots, dans le même ordre, sans aucun ajout, ni suppression au texte d’origine. D’ailleurs, l’exemplaire original du Coran, qui a servi à Othmâne pour effectuer les copies, se situe actuellement au musée Topkapi d’Istanbul.





Salam aleykoum


Dernière édition par Sonia75 le 2013-05-19, 12:47, édité 2 fois
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Dunya
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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 01:04

Salam


Je ne comprends pas pourquoi un musée, on doit payer pour les voir ?


« Tout vient à point à qui sait attendre » Proverbe - Clément Maro
« C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches.» Victor Hugo
« La vie présente est la prison du croyant et le paradis du mécréant. » Hadith authentique rapporté par Mouslim
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Sonia75
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Féminin Nombre de messages : 3935
Date d'inscription : 16/10/2012

MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 01:14

hjbbng

Excellente question.
il faudrait les appeler et leur poser la question...en anglais ou en turc (je sais qu'il y a une soeur turque sur le forum :))
http://www.ibb.gov.tr/sites/ks/fr-FR/1-Gezi-Ulasim/kutuphaneler/Pages/labibliotheque-dumusee-dupalais-detopkapi.aspx

Je viens de voir ceci mais je ne l'ai pas lu en entier, je vous le poste quand même, en espérant qu'il n'y ait pas de bêtises écrites. je le lirai tout à l'heure inchaAllah. bonne lecture.


"Voyages aux sources du Saint Coran"


"En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien". (S.15, V10)

Tout a commencé par la publication, le 20 décembre 2000 sur Oumma.com, de la version française d’un article publié au préalable dans le quotidien britannique « The Gardian ». L’article était intitulé « Le Coran revisité par la philologie : des manuscrits ’Satanique’ ? (Traduction : Courrier International) par Abul Taher du Quotidien Anglais "The Guardian" » (http://oumma.com/article.php3 ?id_article=501)

Cet article comportait des affirmations graves concernant les sources du Coran, relayées par un scientifique allemand nommé Gerd Rudiger Puin, qui visaient à remettre en question la croyance des musulmans de posséder le texte original du Saint Coran en arabe.

Piqué au vif, j’avais publié sur le site une première réaction. Puis je m’étais attaché à tester la valeur scientifique des affirmations du professeur Puin pour découvrir une authentique supercherie, un travail de désinformation visant à faire douter les croyants de la véracité du dogme musulman.

J’achevais mes recherches sur le professeur Puin par la publication d’un article intitulé : « "Le Coran revisité par la philologie : des manuscrits ’Sataniques’ ?" Histoire d’une imposture. » (http://oumma.com/article.php3 ?id_article=163)

Au-delà des manipulations sordides auxquelles s’était prêté les auteurs du premier article, il restait une question importante pour moi : en l’état actuel des connaissances humaines, quelles sont les chances scientifiques de l’authenticité du texte coranique que les musulmans récitent dans chacune de leurs prières ?

Je tiens à préciser que je ne me considère pas comme un spécialiste, ni du Saint Coran, ni de l’islam, encore moins des langues sémitiques, de la paléographie ou de la codicologie ! Je ne suis qu’un simple musulman, chercheur amateur, disposant d’un petit bagage scientifique que m’ont conféré mes études de médecine.

Cette modeste publication n’a donc certainement pas la prétention d’être un article scientifique. Il ne s’agit que d’un simple texte de vulgarisation qui n’a rien d’exhaustif, rendant compte de mes doutes et de mes découvertes à l’occasion d’une formidable aventure que j’ai vécue ces dernières années.

Je tiens également à souligner que les croyances religieuses, notamment des religions monothéistes et les connaissances scientifiques font rarement bon ménage : d’un côté la croyance est basée sur une conviction intime de l’existence de Dieu, Créateur de l’univers, Maître du Jour du Jugement Dernier, de l’autre les connaissances scientifiques sont, ou devraient être basées sur des constatations physiques soumises à des hypothèses réfutables confirmées par leur confrontation constante à la réalité.

C’est ainsi que les connaissances scientifiques évoluent au cours du temps et des outils que se forgent les chercheurs, alors que le dogme fondamental de la croyance, et en particulier la croyance monothéiste, n’évolue pas dans son essence en fonction du temps.

Le risque de confrontation entre « la science » et « la croyance » est encore accru en ce qui concerne l’islam dans la mesure où la plupart des scientifiques chargés d’étudier cette religion sont des non-musulmans, que leurs commanditaires n’ont pas que des visées purement philosophiques et que le monde musulman subit à l’heure actuelle la domination politique, technologique et médiatique du monde occidental.

Aperçu de la compilation du Coran selon la tradition musulmane

Du côté des musulmans, il existe une très longue tradition d’études approfondies sur les sources du Saint Coran, la manière dont il a été révélé puis compilé, la manière dont il est ensuite parvenu jusqu’à nous. Les sanctuaires de la tradition musulmane se trouvent actuellement pour les sunnites, au Caire, à Fez, à Damas, à Riad, à Istanbul, pour les chiites à Qom, à Machhad, à Nadjaf et à Karbala. Les amateurs de références modernes pourront utilement se reporter à l’article d’Abdelhamid BELHADJ HACEN, Docteur en linguistique (université Lille 3) « Le Coran, entre histoire et écriture » (oumma.com/article.php3 ?id_article=95).

Pour résumer, la tradition musulmane nous rapporte qu’avant l’arrivée du dernier des Prophètes (S.W.S.), la péninsule Arabique parlait différents dialectes arabes, proches les uns des autres. L’écriture était connue et pratiquée par une minorité de lettrés riches, que ce soit chez les Juifs, qui possédaient des rouleaux de la Thora, les Chrétiens qui possédaient des Évangiles écrits ou les païens qui notaient par écrit les poèmes les plus fameux. Mais, probablement du fait du prix prohibitif des supports (parchemins ou papyrus), le mode principal de transmission des savoirs de cette époque n’était pas l’écriture.

Les sociétés arabes du septième siècle de l’ère chrétienne étaient de tradition orale. Cette tradition prenait une importance considérable, elle vivait au travers d’immenses poèmes de plusieurs milliers de vers chacun, chansons de geste relatant les mythes fondateurs, les batailles, les héros, les mariages, les joies et les peines de chacune des tribus de la péninsule arabique.

Ces poèmes transmis de génération en génération tenaient la place que prennent notre radio, notre télévision et notre presse actuelle. On peut également imaginer que les poètes tenaient le rôle social de nos grands intellectuels ou de nos grands journalistes contemporains.

Toujours est-il qu’avant même le début de la mission prophétique de Mohammed Ibn Abdallah (S.W.S.), les traditions tribales étaient favorables à la transmission orale d’un ouvrage comme le Saint Coran. C’est ainsi que les premiers croyants n’eurent aucun mal à mémoriser par cœur les milliers de versets au fur et à mesure de la révélation.

Cependant, de nombreux hadiths (traditions prophétiques) sahihs (sûrs) nous relatent le fait que le Prophète de l’islam (S.W.S.), lui même illettré, insista dès le début de la révélation pour que les versets révélés, la parole de Dieu, soient immédiatement transcrits par les témoins de la révélation, par écrit sur un support quelconque. À l’inverse, le Prophète (S.W.S.) interdisait à ses compagnons de prendre note par écrit de ses propres paroles de manière à ne pas les confondre avec la révélation divine.

Cette retranscription contemporaine par écrit est suggérée par le Coran qui parle, à propos de lui-même « du Livre » (Al Kitab), de « feuilles purifiées » (Souhoufoun Mutahara). La tradition musulmane rapporte plusieurs références à cette transcription écrite contemporaine de la révélation : c’est par exemple l’histoire de la conversion de Saïdna Omar qui, furieux que son beau-frère cherche à protéger de lui des pages sur lesquelles étaient des versets, tombe émerveillé par la beauté du texte.

On rapporte également l’existence, à la fin de la révélation, de plusieurs compilations privées complètes dont une, annotée de commentaires, détenue par Setna Aïcha, la mère des croyants. Mais en marge de ces transcriptions « privées », le Prophète (S.W.S.) pris soin de s’entourer dès les premiers temps de la révélation de scribes chargés de la transcription du précieux message coranique.

Le phénomène de la révélation étant épisodique et imprévisible, les scribes se relayaient auprès du Prophète (S.W.S.). La compilation de l’ouvrage ne suivant pas un ordre chronologique, le Prophète indiquait au fur et à mesure aux scribes la place des versets nouvellement révélés. L’ensemble du Coran déjà révélé était récité en entier par le Prophète (S.W.S.) à l’occasion des prières du mois de Ramadan. Lors de son dernier mois de Ramadan, le Prophète (S.W.S.) le récita deux fois en entier, certains compagnons en déduirent l’annonce de sa disparition prochaine.

C’est ainsi que l’ouvrage en cours de révélation pouvait être vérifié par l’ensemble des croyants qui assistaient à ces prières particulières au premier rang desquels les scribes officiels. Le travail des scribes allait aboutir à la compilation « institutionnelle » du Coran sous la houlette du chef des scribes du Prophète (S.W.S.), Zaïd Ibn Thabit.

ZAÏD IBN THABIT, LE CHEF DES SCRIBES

Zaïd Ibn Thabit avait aux alentours de seize ans lorsqu’il fut recommandé au Prophète (S.W.S.) pour entrer à son service. Trois ans auparavant, il avait vainement essayé de s’enrôler dans le premier corps expéditionnaire musulman qui se préparait pour la bataille de Badr. Il en avait été empêché par le Prophète (S.W.S.) qui le considérait comme trop jeune. Sa deuxième tentative, l’année suivante pour la bataille de Uhud s’était également soldée par un échec pour le même motif.

Il avait alors décidé de mettre ses compétences intellectuelles au service de la mission prophétique en apprenant par cœur dix-sept sourates déjà révélées du Saint Coran, avec leurs différents types de prononciations. C’est en entendant sa manière de réciter le Coran que le Prophète (S.W.S.) avait décidé de le prendre à son service. Il lui avait alors assigné une mission : apprendre à lire à écrire et à parler l’hébreu, la langue des israélites, de manière à pouvoir communiquer, notamment par écrit avec eux. Il devint ainsi le traducteur officiel du Prophète lors de ses relations avec les différentes tribus juives. De même, il apprit le Syriaque.

Sa fonction de lettré lui permit d’être un des quarante-huit compagnons du Prophète (S.W.S.) qui retranscrivaient la révélation à la demande de l’envoyé de Dieu tout en continuant à l’apprendre par cœur. Ce n’est qu’après avoir constaté son sérieux, sa précision et la rigueur qu’il mettait à transcrire la révélation divine que le Prophète (S.W.S.) lui confia la charge de chef des scribes.

C’est du vivant même du Prophète (S.W.S.) qu’il commença à réunir les fragments de notes prises par d’autres à l’occasion de la révélation des versets coraniques. Il soumettait ainsi directement au Prophète le fruit de ses travaux et de ses réflexions. À la mort de ce dernier, la révélation était, logiquement pour l’époque, conservée dans le cœur de très nombreux croyants ou sur des supports épars, mais n’était pas totalement compilée dans un ouvrage unique officiel.

Abou Bakr, le premier calife de l’islam, qui succéda au Prophète (S.W.S.) en H 11, eut rapidement à faire face à l’apostasie de nombreuses tribus de la péninsule Arabique. Il s’en suivit de très nombreuses guerres d’apostasie et de nombreuses batailles. Au cours de l’une d’elles, la bataille de Yemâma, un grand nombre de compagnons du Prophète (S.W.S.), qui participaient au corps expéditionnaire furent tués. Parmi eux il y avait de nombreux "Hafiz El Coran", ceux qui avaient appris l’intégralité du Coran par cœur.

Voyant le capital de ceux qui avaient appris le Coran par cœur du temps du Prophète (S.W.S.) diminuer, Omar conseilla au calife Abou Bakr de charger quelqu’un de compiler le livre saint par écrit. Celui-ci, après une phase d’hésitation à parachever la compilation laissée incomplète par le Prophète (S.W.S.) se tourna naturellement vers Zaïd Ibn Thabit et lui dit : « Etant donné que tu es un jeune homme intelligent, que personne ne doute de ta sincérité ni de ta mémoire, puisque tu avais l’habitude d’écrire la révélation pour l’envoyé de Dieu, je te charge de collecter tous les témoignages du Coran qui existent puis de les rassembler dans un ouvrage unique. »

Zaïd commenta cet ordre de la manière suivante : « Par Dieu, si Abou Bakr m’avait demandé de déplacer une montagne, ça m’aurait été moins difficile que d’exécuter son ordre concernant la collection du Coran. »

Il s’attela à sa tâche et regroupa tous les témoignages de la révélation : notes prises sur des parchemins, des omoplates de chameaux ou de moutons, des feuilles de palmiers, des papyrus, témoignages de ceux qui avaient appris le Coran par cœur. Il était extrêmement méticuleux et faisait très attention qu’aucune erreur, même non-intentionnelle, ne s’insinue dans le texte sacré.

La difficulté principale venait du fait qu’en prenant note de la révélation, de nombreux témoins avaient mélangé le texte de la révélation avec du commentaire de cette dernière. Zaïd rendit une première compilation au calife Abou Bakr. À la mort de ce dernier, l’ouvrage échut à son successeur, Omar, puis Hafsa, fille de Omar, mère des croyants (épouse du Prophète S.W.S.) et connaissant le Coran par cœur, en hérita.

Du temps du troisième calife Othmann , (H 23 à H 35) des différences significatives dans la prononciation lors de la récitation du texte sacré apparurent. Un groupe de compagnons du Prophète, dirigé par Hudhayfah ibn al-Yaman revenant de l’Irak s’en ouvrir au calife en le pressant de « sauver la communauté des croyants avant qu’elle en diverge sur le Saint Coran ».

Othmann récupéra alors le manuscrit du Coran de Hafsa et le confia à nouveau à Zaïd Ibn Thabit en le chargeant de présider une commission de copistes composée de : Abd-Allâh ibn Az-Zoubayr, Sa`îd ibn Al-`Âs et `Abd Ar-Rahmân ibn Al-Hârith ibn Hichâm.

Les copies furent remise au calife qui renvoya l’original à Hafsa, en garda une, que l’on appelle "Le Coran d’Othmann" et envoya les autres dans différentes provinces de l’empire musulman naissant avec ordre de détruire les autres traces écrites qui auraient pu subsister de manière à ce qu’il n’existe qu’une version du texte sacré. La tradition rapporte que le Calife Othmann fut assassiné alors qu’il lisait son propre Coran et que ce Coran serait taché de son propre sang...

Il semblerait également qu’il s’agissait de mettre le texte sacré en sécurité dans différentes métropoles de l’empire pour le préserver en cas de conquête de l’une d’elles par les ennemis de l’islam.

Les réformes orthographiques et grammaticales et les débuts de la calligraphie

Le texte était en "Rasm" pur, c’est-à-dire sans la plupart des lettres "alif", des voyelles brèves ou les points diacritiques. La calligraphie des premiers corans était très sommaire, appelé le style Higazi. Il est vraisemblable que le texte écrit n’ait, à ce stade de l’écriture, servi que de support de mémoire pour des croyants qui connaissaient déjà le Coran par cœur et qui avaient juste besoin d’un « pense-bête ». La transmission du Coran se faisait essentiellement de manière orale.

L’écriture a un tout autre rôle lorsqu’il s’agit de communiquer entre deux personnes qui ne sont pas physiquement en contact et qui ne connaissent pas a priori le contenu du message qu’ils s’échangent.

Les choses se sont encore compliquées, dans les premières années du Califat, par l’arrivée dans l’islam de très nombreux peuple qui n’étaient pas arabophones. C’est ainsi que le texte coranique qui paraissait évident à des arabes devint difficile à mémoriser pour de nombreux musulmans fraîchement convertis.

On rapporte qu’à Bassora, quelqu’un lu de manière erronée le verset 9 :3 (Allah désavoue les polythéistes. Son messager aussi) en lisant : « Allah désavoue les polythéistes et Son messager... » Ce qui montra à tous l’urgente nécessité de réformes de l’écriture arabe.

On attribue généralement à Abou al-Aswad al-Douali (père de la grammaire arabe, mort en H 69) l’invention de traits colorés pour le signalement de voyelles brèves (chakl) et l’introduction dans le texte coranique des traits diacritiques pour distinguer les consonnes (I’jam). Ce travail fut complété et affiné par le gouverneur de l’Irak Al Hajjaj Ibn Youssuf al Taquafi (mort en H 95) qui remplaça les traits diacritiques par des points groupés par un, deux ou trois au dessus ou en dessous des consonnes, permettant ainsi de les distinguer. Il rajouta également au texte coranique des voyelles longues de manière à ne plus pouvoir confondre les mots alors qu’on lisait le Coran sans en avoir appris le texte au préalable.

Les voyelles courtes colorés furent finalement remplacées par huit nouveaux signes de vocalisation (les voyelles brèves telles qu’on les connaît actuellement) par al Khalil ibn Ahmad al Farahidi grammairien et philologue arabe (mort en H 169), permettant ainsi d’écrire de manière complète en n’utilisant qu’une couleur d’encre.

La calligraphie arabe ne commença à être codifiée qu’à partir de la création de la ville de Koufa en Irak dont la construction commença en H 17 et s’acheva en H 63. Son développement en tant que foyer d’érudition suscita la création d’un nouveau style d’écriture : l’écriture coufique qui donna lieu à de très nombreuses sous classes.

C’est Abou Ali Ibn Moqlah (mort en H 328) qui paracheva les règles de la calligraphie arabe en se fixant comme tâche de dessiner une écriture cursive qui soit à la fois belle et parfaitement proportionnée. Il aboutit à une méthode d’écriture, baptisée al-Khatt al-Mansob qui est à la base d’une grande partie des écritures arabes modernes.

Ainsi, c’est que par la simple connaissance des dates des réformes orthographiques et grammaticales et en analysant les styles d’écriture, on peut dater, avec de bonnes chances de succès, les manuscrits anciens et en particulier les manuscrits coraniques : si le manuscrit inclus la réforme de l’écriture datée, on peut être certain qu’il est postérieur à l’adoption de cette réforme !

A suivre...



suite...

Le Coran du musée du Palais du Topkapi à Istanbul (Turquie)

La plupart des musulmans considèrent que l’original othmanien de la vulgate coranique (Le Coran d’Othman) est conservé au musée du Palais du Topkapi d’Istanbul. Il se trouve que j’avais eu l’occasion de faire une visite approfondie de ce merveilleux palais au cours de l’été 2000 en compagnie d’un ami conservateur de ce musée.

J’avais pu constater que le "Coran d’Othmann" ne s’y trouvait pas exposé. Interrogé sur ce fait mon ami m’avait répondu que, pour des raisons de conservation du précieux manuscrit, il n’était exposé que durant le mois sacré de Ramadan, et encore, pas chaque année. Rendez-vous avait été pris pour le ramadan suivant.

En préparation de ce rendez-vous exceptionnel, il était utile de m’interroger sur la provenance historique de ce manuscrit. Selon la tradition ottomane, cet original du Coran arriva à Istanbul sous le règne du Sultan Yavuz Selim avec d’autres reliques considérées comme les signes du Khalifat musulman.

Sultan Yavuz Selim (Yavuz 1er) était l’un des fils du sultan turc Bayazid le second. Né en 1470 après J.C. (H 875), il était d’une forte stature. Il est éduqué par les meilleurs maîtres musulmans de l’empire ottoman et est nommé gouverneur de Trabzon par son père pour parfaire sa connaissance dans l’administration de l’empire et des arts de la guerre.

L’incapacité de son père de défaire ses ennemis menaçant l’empire à l’Est, les Saffavides d’Iran, entraîne une féroce guerre de succession entre les cinq prétendants au trône dont Yavuz Selim sortira finalement victorieux en accédant au sultanat en 1512 (H 918).

La première obsession de Yavuz 1er est de reprendre l’œuvre de son père et de réduire les Saffavides. Il attaque l’Iran et les défait à la bataille de Chaldiran en 1514. Ses ennemis s’allient alors avec les rois Mamelouks d’Egypte pour le combattre. Pour contrer cette alliance menaçante, Yavuz 1er attaque l’armée mamelouk qu’il défait à la bataille de Mercidabik en 1516 ouvrant ainsi à son armée la route de la Syrie et de la Palestine.

Abandonnant momentanément ses ennemis traditionnels iraniens, Yavuz 1er décide de profiter de l’occasion pour renverser les Mamelouks. Le Caire tombe en janvier 1517, le dernier Calife, Al Mutawakil, abdique en faveur de Yavuz 1er du titre de Calife, Commandeur des croyants, Protecteur des lieux saints, le 11 Sha’ban 923 de l’Hégire (29 août 1517).

C’est à cette occasion que le "Coran d’Othmann", accompagné du sabre, du manteau, de dents et de poils de barbe du Prophète (S.W.S.), est rapatrié de La Mecque à Istanbul.

C’est donc avec une certaine fébrilité que je m’envole, en décembre 2000, à l’occasion du mois sacré de Ramadan H 1421, pour un week-end studieux à Istanbul. J’avais auparavant vérifié par téléphone que le Coran que je souhaitais voir était bien exposé.

À peine arrivé, je me précipite au Topkapi et je me retrouve bien devant ce livre magnifique écrit en écriture coufique. Le problème est qu’il est interdit de prendre des clichés et que je ne suis pas suffisamment instruit pour dater ce type d’écriture.... Heureusement, nous sommes en Orient, avec un peu d’insistance et de persuasion, un des conservateurs m’invite, tout à fait officieusement, à revenir le lendemain matin très tôt, avant l’ouverture au public de manière à prendre les photos que je souhaite.... L’image est dans la boîte et je reviens en France montrer à mes amis le résultat de mes investigations.

Ces musulmans pieux ayant reçu la meilleure éducation religieuse sont formels : le texte photographié par mes soins à Istanbul n’est pas écrit en Rasm pur de style Higazi, ce que l’on pourrait attendre de la vulgate othmanienne, il n’est même pas écrit en écriture coufique primitive ! La présence de formes consonantique condensées signe une écriture coufique évoluée datant au mieux du deuxième siècle de l’Hégire ce qui donne raison aux historiens modernes qui datent ce codex de la fin du huitième siècle de l’ère chrétienne.

Le Coran actuellement conservé par le musée du Palais du Topkapi à Istanbul n’a donc que très peu de chance d’être, comme la plupart des musulmans le croient, l’original du Coran d’Othman... Dès lors, on peut douter que l’on dispose encore de l’original complet du texte coranique accessible au public. Je me replonge dans mes chères études à la recherche d’une vérité plus complexe que la croyance populaire.

Quelques connaissances scientifiques sur la datation des corans anciens, l’affaire du palimpseste de Sanaa.

À peine revenu d’Istanbul, la version française de l’article du Gardian sur les travaux de Puin est publiée sur notre site internet favori. J’y vois un clin d’œil providentiel m’incitant à approfondir mes connaissances dans ce domaine. Pour répondre à cet article, je me plonge dans les travaux des scientifiques occidentaux. Il est question de fragments de corans anciens détenus à Londres ou à Tachkent (Ouzbékistan), comme étant les plus anciens corans du monde.

Je découvre avec étonnement que le professeur Puin ne se base pas sur ses propres observations scientifiques mais reprend à son compte les hypothèses de chercheurs occidentaux qui avaient débuté au dix-neuvième siècle par les publications d’Ignaz Goldziher remettant en cause l’historicité des hadiths considérés comme "Sahihs"(sûrs).

Ces hypothèses sont reprises au vingtième siècle par Joseph Schacht, John Wansbrough et enfin Michael Cook, Patricia Crone et Martin Hinds qui repoussent la mise au point de la version canonique du texte coranique à une période bien postérieure à la disparition du Prophète de l’islam (S.W.S.) et même des quatre premiers Califes.

Leurs théories visent à remettre radicalement en question la version musulmane de la transmission coranique, mais elles manquent cruellement de preuves scientifiques, comme des textes datables, pour être étayées... Car les écrits arabes anté-islamiques et qui nous sont parvenus sont extrêmement peu nombreux : quelques inscriptions monumentales gravées dans la pierre, quelques fragments de parchemin contenant des textes administratifs... Les écrits datables des premiers temps de l’islam sont également peu nombreux.

Après avoir publié mon analyse critique de l’article du Gardian sur les travaux de Puin, je m’attache à l’analyse de points de détails. L’insistance de Puin de parler de palimpsestes, ces parchemins recyclés sur lesquels était écrit un nouveau texte après avoir effacé le texte primitif me paraît suspecte dans la mesure où suivant les publications, ces palimpsestes sont très peu nombreux dans les milliers de manuscrits découverts à Sanaa.

En fait, un palimpseste particulier semblait intéresser le professeur Puin : il s’agissait d’un texte coranique très ancien, en Rasm de type Higazi, lui-même recopié sur un texte coranique encore plus ancien ensuite effacé.

Le professeur Puin pouvait légitimement supposer que le texte le plus ancien était une version coranique antérieure à la vulgate d’Othman (où à une unification postérieure selon lui, du texte canonique) qui, par souci d’économie n’avait pas été détruite conformément aux ordres, mais simplement effacé pour y recopier le texte canonique unifié....

Les méthodes scientifiques modernes permettant de révéler le texte sous-jacent, Puin pensait enfin détenir la preuve scientifique, le "chaînon manquant" qui prouverait, par ses différences flagrantes avec le texte coranique actuel, la véracité des thèses radicales de Wansbrough, Cook, Crone et Hinds... D’où l’importance des palimpsestes dans les déclarations tonitruantes de Puin.... Malheureusement pour lui, le texte coranique sous-jacent semble conforme à la version actuelle du Coran... Et on n’entend plus parler du professeur Puin !

En me renseignant sur son triste sort, j’apprends qu’à la suite de ses déclarations très polémiques mais peu scientifiques, le chercheur s’est brouillé avec les autorités yéménites. Comme il avait auparavant pris des dizaines de milliers de clichés des manuscrits de Sanaa, il est rentré en Allemagne avec ses microfilms, mais la plupart d’entre eux ont été voilés et sont donc inexploitables. Pour leur part, les autorités yéménites sont toujours demandeuses d’une coopération avec des chercheurs sérieux pour restaurer les milliers de manuscrits découverts à l’occasion de la rénovation de la grande mosquée de Sanaa.

En février 2003, j’ai la chance d’être au Hajj. Mon voisin de palier est le Grand Mufti de l’Ouzbékistan. Je l’interroge sur le codex de Tachkent, il m’affirme qu’il s’agit en effet d’un Coran très ancien qui est conservé, avec d’autres, dans le musée du centre islamique de la Grande Mosquée de Tachkent dont il est justement le directeur. Il m’invite à venir lui rendre visite et rendez-vous est pris pour l’été suivant à l’occasion de vacances familiales que je projette de passer dans la région... En raison des risques sanitaires liés à l’épidémie de S.R.A.S., je préfère reporter mon voyage en Ouzbékistan pour prendre des vacances plus sûres en Angleterre.

Surprises et tremblements à la British Library

Puisque mon itinéraire passe par Londres, pourquoi ne pas se renseigner sur le manuscrit détenu par la British Library ? Mes recherches préparatoires sur le site de la prestigieuse bibliothèque sont infructueuses. Pas de publication sur ce mystérieux manuscrit, pas de commentaire, pas d’histoire officielle, impossibilité d’accéder aux références de la prestigieuse collection de manuscrits orientaux si l’on n’est pas au préalable inscrit en tant que chercheur... Je suis en permanence renvoyé vers le Coran du Sultan Baydar, un coran très richement enluminé, daté du seizième siècle de l’ère chrétienne dont on peut consulter un fac-similé page par page sur le site internet de la British Library. Une œuvre artistiquement intéressante mais de peu de valeur en regard de l’objet de mes recherches... Le Coran ancien de la British Library serait-il un mythe ?

Au début septembre 2003, me voilà à pied d’œuvre. Je visite les salles d’exposition ouvertes au public, derrière des vitrines blindées, j’admire les manuscrits originaux de Léonard de Vinci, le plus ancien texte de la bible, le Codex Sinaïticus daté du quatrième siècle de l’ère chrétienne et j’aborde la section réservés aux corans. Le Coran de Baydar y est exposé en bonne place. À sa gauche, au milieu d’autres corans d’époques diverses, j’ai un choc : un coran en Rasm pur, de style Higazi, parfaitement conservé ! Exactement celui que je cherche ! La petite étiquette m’indique la référence "Or 2165 : Coran de style Higazi, l’une des plus anciennes copies du Coran".... Les questions se bousculent alors dans ma tête : ainsi, le fameux Coran ancien de la British Library existe bel et bien... Mais alors, pourquoi tant de discrétion de la part des détenteurs de ce trésor ? D’où vient-il ? Quelle est son histoire ?

Pour avoir accès à d’éventuels ouvrages traitant du sujet et conservés dans la section "Oriental Manuscripts" de la prestigieuse bibliothèque, il faut bénéficier du statut de chercheur... Je suis reçu par un très british "Staff Officer" qui m’interroge sur le but de mes recherches puis sur mes diplômes. Je découvre alors que mon doctorat en médecine m’ouvre en grand les portes de l’honorable institution.

Grâce à ma toute nouvelle carte de chercheur, j’accède enfin à la salle de lecture de la section convoitée. Les règles sont très strictes : les bagages et les manteaux, ainsi que les appareils électroniques doivent être déposés au préalable à la consigne. Un contrôle des cartes et des affaires personnelles est effectué à l’entrée et à la sortie de la salle. Seuls les feuilles blanches et les crayons de papier sont tolérés (à l’exclusion de tout stylo), chaque chercheur se voit attribué une place numérotée, ceux qui étudient les manuscrits les plus anciens sont directement sous les yeux des bibliothécaires qui épient leurs moindres mouvements... Un silence absolu règne en maître.

Un bibliothécaire m’explique le fonctionnement de l’ordinateur pour les recherches bibliographiques. Je décide de me familiariser avec le système en commandant des manuscrits coraniques coufiques datés du deuxième siècle de l’hégire. Comme il s’agit du Saint Coran, je m’éclipse un instant pour faire mes ablutions. À peine revenu, le bibliothécaire m’amène plusieurs cartons fermés par des lacets. J’ouvre délicatement avec beaucoup d’émotions, une petite notice explicative accompagne le document, une très forte odeur de peau de mouton, j’ai dans les mains un manuscrit vieux de plus de mille ans, quelques versets du Saint Coran, de style coufique primitif avec voyelles colorées. Les larmes aux yeux, je remercie Allah de m’avoir donné le privilège de contempler et de toucher de tels trésors.

L’heure avance et la bibliothèque va fermer, je rentre auprès de ma famille pour préparer ma journée du lendemain consacrée uniquement à l’étude de l’histoire, des origines, des commentaires et des recherches faites sur le manuscrit Or 2165.

Dès l’ouverture, je me précipite dans la salle de lecture. Très rapidement, je m’aperçois qu’il n’existe aucune publication référencée sur le précieux document. Interrogé, le bibliothécaire cède sa place à un monsieur qui se présente comme étant le directeur adjoint de la section des manuscrits orientaux. J’ai enfin un interlocuteur digne de ce nom ! Je le félicite pour la richesse de ses collections puis je rentre dans le vif du sujet : quelle est l’histoire du manuscrit Or 2165 ? comment est-il parvenu jusqu’ici ? D’où vient-il ? Existe-t-il des publications à son sujet ? Comment a-t-il été daté, a-t-il fait l’objet d’études au Carbone 14 ?... Sous le feu roulant de mes questions, je sens le flegme de mon interlocuteur disparaître rapidement pour laisser la place à une certaine fébrilité qui ne cache pas sa gêne...

Ses réponses sont confuses, il en ressort le manuscrit proviendrait du Caire où il aurait été acheté par un pasteur anglais au dix-neuvième siècle puis vendu au British Museum de l’époque. Le manuscrit contiendrait les 3/4 du texte coranique, les procédés physiques de datation auxquels il aurait été soumis n’auraient rien donné. Il se dit incapable de répondre trop précisément à mes questions, n’étant pas spécialiste du sujet... Le grand spécialiste international est un de mes compatriotes, le Professeur François Déroches, qui enseigne à la Sorbonne... C’est lui que je devrait aller consulter, me suggère-t-il.

Comme je continue à le questionner sur l’absence de publication référencée et que je m’étonne de la discrétion de la British Library à détenir un tel trésor, il se souvient soudainement qu’il existe un ouvrage non référencé, auquel a justement participé le Professeur Déroche, qui pourrait répondre à certaines de mes questions. Le marché me semble clair : "Vous arrêtez de me poser des questions sur ce sujet trop sensible, en échange, je vous fais accéder à une publication qui n’est pas officiellement référencée..."

Il disparaît alors pour revenir avec un très volumineux ouvrage, sur le "Projet Amari 2" dédié à Michele Amari, publié à 200 exemplaires par la British Library, Londres 2001. Intitulé "Sources de la transmission manuscrite du texte coranique" de François Déroche et Sergio Noja Noseda, de la Fondazione Ferni Noja Noseda Studi Arabo Islamici.

L’introduction dit qu’au XIXème siècle, Antoine-Isaac Silvestre de Sacy, un français, était professeur d’art oriental au Caire, il étudiait des papyrus de textes anciens et se basait notamment sur les travaux de Ibn al-Nadim du 4ème siècle après l’hégire qui décrivait un style particulier d’écriture dans un ouvrage nommé "Fihrist". Il avait un étudiant, Jean Louis Asselin de Cherville, agent du Consulat de France en Égypte, qui avait réuni une collection de vieux manuscrits coraniques des 7ème au 10ème siècle après J.C. Cet étudiant avait commencé à ranger sa collection mais sa mort précoce l’empêcha de publier. Sa collection fut acquise en 1833 par la Bibliothèque royale de Paris et mise à disposition des orientalistes.

Peu après, Michele Amari, un militant pour l’indépendance de la Sicile, réfugié politique à Paris, fut chargé par Joseph Reinaux, de la Bibliothèque royale de Paris, de classer les documents de la collection d’Asselin de Cherville. Les conclusions auxquelles arriva Amari révolutionnaient les connaissances sur la transmission primitive du Coran, il fut donc organisé un concours sur ce sujet par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Les vainqueurs ex-aeco de ce concours furent Aloys Sprenger, Théodor Nöldeke et Michele Amari.

Le "Projet Amari", lancé en Italie à la fin des années 90, était d’étudier l’ensemble des manuscrits coraniques en style Higazi, en rassembler les textes pour les comparer avec la version actuelle du texte coranique pour pointer les différences éventuelles. Il ressort de ce travail que :"(Le Coran du premier siècle ainsi reconstitué) contient 16 mots qui sont orthographiés différemment de la version officielle du Coran qui est celle du Roi Fouad d’Égypte de 1919...."

Dans le chapitre "Quelques idées pour une conclusion provisoire", Sergio Noja Noseda écrit : "Le Coran du premier siècle que nous avons devrait, pour être complet, comporter 547 pages, mais nous n’en avons que 520. Il manque 27 pages de la sourate 78 soit l’équivalent de 5% du texte total."

Ainsi, suivant cette très sérieuse publication de 2001, les musulmans disposeraient de manière quasi-certaine du texte coranique inchangé depuis le premier siècle de l’islam !

Le précieux ouvrage contient également les photos, grandeur nature, reproduisant les pages du Coran de la British Library référencé et de son frère jumeau, un Coran détenu par la Bibliothèque Nationale de France à Paris, référencé "Arabe 328".

La Bibliothèque Nationale de France puis ma rencontre avec le Professeur François Déroche

De retour en France, je me plonge dans la recherche des ouvrages de François Déroche. La plupart, tirés en petit nombre sont épuisés. Je décide de m’inscrire en tant que chercheur à la Bibliothèque Nationale de France (BnF), à Paris, ce qui me donne accès aux magnifiques salles de lectures, notamment au sous-sol de la Très Grande Bibliothèque François Mitterand. Je navigue alors dans les publications sur la classification des manuscrits arabes anciens, sur la codicologie (la science des codex), les conférences sur les Corans anciens. Ainsi, je prépare l’interview que je compte proposer au Professeur Déroche pour le compte d’Oumma.com.

Parallèlement, je poursuis ma recherche du manuscrit "Arabe 328". Il est localisé dans l’Annexe Richelieu de la BnF et pour y accéder, il faut montrer patte blanche : le statut de chercheur est indispensable, mais en plus, il faut prendre rendez-vous et motiver précisément l’objet de la recherche. Après quelques tentatives infructueuses, j’aurai l’immense privilège d’être en contact avec ce trésor le premier décembre 2003.

Ma première rencontre avec le Professeur Déroche, considéré comme le premier spécialiste mondial des corans anciens, a lieu à l’issue de son cours de codicologie à la Sorbonne. L’homme a une sympathique allure de "Professeur Cosinus", les cheveux en bataille, les pensées souvent absorbées par des réflexions qui échappent au commun des mortels que je suis...

Après une brève phase de méfiance, son œil s’éclaire rapidement de la flamme de la passion quand il parle de ses recherches sur les corans primitifs. Je lui parle de mes recherches et de mes découvertes, il accepte le principe d’une interview. Cette interview a lieu le huit décembre 2003, dans un café parisien. J’en ai longuement préparé les questions en étudiant toutes les publications disponibles sur le sujet et en particulier les ouvrages du maître.

Vous avez été particulièrement nombreux à avoir lu la passionnante étude du Dr Abdallah intitulée « Voyages aux sources du Saint Coran ». Nous publions la dernière partie de cette série à travers un entretien avec l’éminent Professeur François Déroche qui est directeur d’études d’histoire et codicologie du livre manuscrit arabe à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Autant l’historique des manuscrits du Coran référencé BNF, Arabe 328 à la Bibliothèque nationale de France (partie de la collection de Jean Louis Asselin de Cherville) est connue et publiée, autant l’histoire de son homologue de la British Library référencé OR 2165 est mystérieuse et n’a fait, à ma connaissance, l’objet d’aucune publication. Existe-t-il une explication à la pudeur dont font preuve les conservateurs de la British Library ? Pouvez-vous nous éclairer sur l’histoire du manuscrit OR 2165 ?

Je pense que c’est une difficulté réelle. À l’époque où j’avais commencé à travailler sur ce manuscrit, nous avions demandé à mes collègues de la British Library des compléments d’information sur le vendeur, puisqu’on a un nom d’un pasteur anglais qui l’a vendu aux trustees de la British Library. Ils ont cherché dans les sources britanniques sur la question, mais n’ont pas identifié le personnage et, à fortiori, où il l’avait acheté.

Cela dit, dans la collection de la BnF, nous avons quelques feuillets qui semblent être de même origine que le manuscrit de Londres. Dans un scénario possible, ce coran aurait été, lui aussi, conservé dans la mosquée de Amr, à Foustat (le vieux Caire), et aurait été acquis dans le courant du dix neuvième siècle, de la même manière qu’Asselin de Cherville a fait l’acquisition de ses feuillets avant 1820.

Le codex référencé BnF, Arabe 328 est-il un ouvrage unique, recopié par différents copistes ou est-il une reconstruction tardive provenant de Corans différents ? Combien alors et à quelle date se serait opérée la reconstruction ?

C’est un Coran qui est le résultat d’une coopération de deux, voire trois copistes, puisqu’il n’est pas exclu qu’une autre partie de la cote Arabe 328 fasse également partie de cela mais comme il n’y a, pour ces feuillets de la fin du Coran, une lacune codicologique, il est difficile d’être complètement affirmatif.

Je veux dire la chose suivante : dans le 328 a, nous avons deux mains, A et B. Et certains feuillets sont, au recto de la main A et au verso de la main B. Donc nous savons qu’ils ont travaillé ensemble parcequ’on voit bien les changements de mains. En revanche, l’éventuel copiste C intervient sur des feuillets qui ne font pas partie d’un cahier où l’on aurait une autre main et où l’on pourrait alors dire qu’ils étaient en entrain de travailler en même temps. Donc c’est pour ça qu’il y a un point d’interrogation.

Ce manuscrit était à l’origine entier puisque les grandes divisions classiques en moitié, en quart, et cætera, ne sont pas indiquées de quelque façon que ce soit, en tout cas ne donnent pas lieu à une interruption dans la structure des cahiers. Par ailleurs, il semble, d’après les commentaires de l’imam Malik, au cours du deuxième siècle de l’hégire, que cette pratique était à ses débuts mais n’était pas encore admise, puisqu’il la condamne ; on peut penser qu’un siècle plus tôt, une période qui sert de référence à Malik, elle n’existait pas.

Pour faire simple, votre sentiment serait qu’on aurait affaire à un seul codex ?

Je pense que le 328 a est bien un seul codex et il est possible que le 328 b fasse partie du même volume mais on mettra, par prudence, un point d’interrogation. Les catalogueurs précédents avaient tout rassemblé. J’ai préféré réserver la réponse dans la mesure où je crois qu’il faut être prudent dans cette affaire.

Le format vertical des deux codex BnF, Arabe 328 et Or 2165, format très inhabituel pour l’époque, ne suggère-t-il pas une origine commune ? Ainsi, l’existence d’un scriptorium à Médine au premier siècle de l’hégire conforterait la tradition musulmane de transmission du texte coranique dont la compilation se serait faite sous la responsabilité de Zaïd Ibn Thabit ?

Le format vertical est en fait le format retenu au départ. Il semble qu’à l’arrivée de l’islam, face à la nécessité très urgente de noter par écrit le Coran, les considérations prioritaires aient été de l’écrire et que par la suite, d’autres questions ont été abordées, en particulier celles du format.

Nous n’avons pas de texte pour nous renseigner sur la façon dont les choses se sont passées et d’ailleurs, dans l’ensemble la tradition musulmane est muette sur un certain nombre de points importants de l’histoire ancienne du texte du Coran. Ce que je dis ne concerne pas la toute première mise par écrit, qui elle, est relativement bien documentée. Aussi est-il seulement possible de faire des hypothèses à partir de l’observation des manuscrits les plus anciens.

Il semble donc que les autorités ont adopté le codex de l’Antiquité qui à l’époque est la forme dominante du livre, et ont écarté la forme du rouleau qui était un candidat possible : il y avait en effet des communautés juives à Médine, lesquelles possédaient peut-être des Torahs, mais sur ce point également, nous ne possédons aucune indication. Il est vrai que dans un texte de polémique entre chrétiens et musulmans du quatrième siècle de l’hégire, un auteur chrétien dit aux musulmans : « mais vous avez bien commencé par écrire le Coran sur des rouleaux... ». Le reproche fait à l’époque était-il fondé ? Est-ce qu’il ne l’était pas ? Je n’en sais rien, je n’ai pas les moyens de le savoir, mais je pense qu’effectivement, la possibilité de faire un choix entre les deux a existé.

Le choix a en tout cas été fait en faveur de la forme qui était devenu la norme et qui était, du point de vue de la commodité, sans doute la plus efficace. Il faut penser que quand vous faites un rouleau, vous n’écrivez que d’un côté et vous n’utilisez que la moitié du matériau. Nous sommes encore dans des périodes où on ne peut pas se permettre de gaspiller. Je crois que c’est, sans doute, un des éléments qui a dicté le choix qui a été fait à ce moment là.

Pour revenir à la question de départ, le format vertical est donc tout à fait la règle à l’époque ancienne. Nous avons d’autres fragments Higazis de ce format. En revanche, l’existence d’une norme technique unique, liée en particulier à un scriptorium, ne me paraît pas très probable dans la mesure où, dans la façon de fabriquer les cahiers, la plus grande diversité prévaut, de même qu’elle est manifeste dans les variations de l’écriture. Or, si nous avions un scriptorium unique qui aurait travaillé à diffuser des Mus’hafs vers les différentes régions, on retrouverait, je pense, une formule dominante. Or ce n’est pas le cas, on a vraiment différentes façons de faire qui peuvent aussi s’expliquer par des influences locales qui ont été reprises et transférées au Coran.

Dans l’ouvrage "Sources de la transmission manuscrite du texte coranique" que vous avez co-signé avec Sergio Noja Noseda en 2001, vous présentez les manuscrits de style Higazi BnF, Arabe 328 et OR 2165. Selon votre datation, ils sont du premier siècle de l’hégire. Alors que Martin Lings, ancien conservateur des manuscrits arabes anciens du British Museum affirmait dans son catalogue de l’exposition à la British Library pour le World of Islam Festival de 1976, qu’il datait le frère jumeau de ce manuscrit (OR 2165) du début du deuxième siècle. À quoi attribuez vous cette différence d’appréciation qui, pour les musulmans, est plus qu’un détail ?

Dans la mesure où nous avons affaire à des documents non datés, tout cela comporte une partie d’approximations. Initialement, j’ai été très prudent et dans le catalogue de la BnF, je ne propose pratiquement pas de datation parce qu’à l’époque, je ne considérais pas que j’avais les moyens de dater précisément les manuscrits.

Ce qui m’a fait changer un peu d’opinion, c’est le fait d’avoir découvert depuis des manuscrits qui sont très certainement d’époque Oumeyade, pour des raisons qui tiennent à l’histoire de l’art et à la paléographie, et qui forment, pour parler en termes archéologiques, une sorte de couche supérieure. Donc, par déduction, j’en conclus que des manuscrits présentant une graphie qui explique celle de l’époque Oumeyade sont antérieurs.

Cela dit, on peut aussi imaginer un autre scénario dans lequel on aurait une école, disons plus traditionaliste, qui, pendant plus longtemps, serait restée fidèle à la graphie ancienne. Dans ce cas, certains des manuscrits Higazi pourraient avoir été copiés au deuxième siècle. On m’a même dit : « mais ça pourrait être copié au troisième siècle ». Je ne le pense pas ; à mon avis, d’autres arguments laissent à penser que le Higazi a été assez vite abandonné pour des raisons disons, de prestige.

Dans le même ouvrage, vous présentez vos travaux sur les manuscrits BnF, Arabe 328. Vous arrivez à la conclusion passionnante que ce Coran presque complet du premier siècle de l’hégire contient 16 mots qui sont orthographiés différemment de la version officielle actuelle du Coran qui est celle du Roi Fouad d’Égypte de 1919, (après correction des différences incluses dans le texte suites aux différentes réformes grammaticales.). Les musulmans sont donc les seuls monothéistes à posséder des exemplaires du premier siècle de leur texte sacré original ?

Il est certain que, par rapport au christianisme et à fortiori par rapport au judaïsme, le laps de temps qui s’est écoulé entre la révélation et la mise par écrit est effectivement extraordinairement court. J’écarte bien sûr la théorie de Wandsborough qui voit dans le Coran une série de logia prophétiques dont la mise par écrit remonterait au mieux à la fin du deuxième siècle et au plus probable dans le courant du troisième siècle (de l’hégire).

En revanche, pour les questions d’orthographe,je crois qu’il faut attendre, ce sont les résultats d’un sondage qui a été fait et qui a permis d’identifier un certain nombre de variantes. L’étude a besoin d’être poursuivie pour une raison très simple : c’est que nous avons à faire à un "Rasm" (un "squelette consonantique") à l’état pur si j’ose dire. Avec un minimum de points diacritiques.

Nous sommes partis, dans un premier temps, pour faire simple, du Rasm moderne et nous avons re-ponctué le Rasm d’Arabe 328 comme il le serait maintenant. C’est un parti pris et personnellement, je suis assez ambivalent face à ce choix initial qui était surtout conditionné par la technique. J’aurais préféré que nous publions une transcription qui aurait été exactement fidèle au manuscrits et je crois qu’elle serait beaucoup plus intéressante pour les historiens ; bien sûr, ils ont, en fac-simile, les clichés en face donc ils peuvent très bien voir ce qui se passe, mais il me semble que ce serait scientifiquement beaucoup plus cohérent de suivre totalement l’original.

Dans la pratique, dans le premier volume, qui contient l’arabe 328, la typographie avait été aménagée, c’est-à-dire que sont indiqués en caractères gras les points qui figurent sur l’original, le reste est en typographie normale. Le résultat était esthétiquement assez mitigé et pas très lisible, il faut bien le reconnaître. Le deuxième volume, qui est consacré à la première moitié de l’OR 2165, a donc été publié avec la même graphie partout et ça n’est pas, à mon avis, une voie sur laquelle il faut continuer, il faut essayer, et l’informatique devrait le permettre, de donner une édition avec la transcription fidèle à la photo.

Toujours dans cet ouvrage, sous le titre "QUELQUES IDEES POUR UNE CONCLUSION PROVISOIRE", Sergio Noja Noseda écrit : "Le Coran du premier siècle que nous avons devrait, pour être complet, comporter 547 pages, mais nous n’en avons que 520. Il manque 27 pages de la sourate 78 soit l’équivalent de 5% du texte total. En réalité, pour compléter ce Coran, nous avons puisé dans un manuscrit qui est gardé à Istanbul mais qui est lui-même incomplet, il y a un trou entre les sourates 50 et 65. Donc c’est 17% du texte total qui serait manquant sans cet apport". Les mêmes différences sont-elles constatées dans le manuscrit OR 2165 de la British Library ? Les mêmes différences orthographiques s’y retrouvent-elles également ? Où s’agi-t-il d’une conclusion globale à l’étude des deux codex ?

La conclusion en fait est beaucoup plus vaste puisque c’est d’après un sondage sur l’ensemble des Corans Higazis qui existent, tous confondus. Aucun n’est complet, pour une raison très simple : ce sont des manuscrits très anciens et si on cherche dans le monde pour d’autres traditions manuscrites, on verra que beaucoup de textes sont lacunaires.

Ils sont lacunaires surtout au début et à la fin pour une raison très simple : c’est ce qu’on touche le plus donc c’est ce qui s’abîme le plus vite. Alors effectivement, il nous manque le début du texte et la fin. Non pas que ce début et cette fin aient été ajoutés par la suite, c’est simplement que nous n’avons pas de témoins manuscrits de la seconde moitié du VIIe siècle pour nous aider. Mais naturellement, ceci n’est qu’une photographie de l’état de la tradition manuscrite en 2001.

Cet ouvrage est accompagné de deux cédéroms contenant la retranscription électronique en arabe (format Word arabe 98) des deux codex. Est-il possible de se procurer ces cédéroms ? Est-il possible de les publier sur Oumma.com de manière à ce que tout le monde puisse y avoir accès ?

C’est une question à poser à l’éditeur des deux volumes. En principe, je ne pense pas qu’il y ait d’opposition fondamentale, dans la mesure où c’est une transcription que tout un chacun pourrait faire aisément. Il ne s’agit pas de mettre en circulation des images des manuscrits qui eux sont visés par des copyrights.

Sur la totalité des lettres de la vulgate expurgée des modifications grammaticales tardives, quel pourcentage retrouve-t-on dans le codex Bnf Arabe 328 ? À combien passent ces chiffres si on y ajoute le codex OR 2165 ? À partir de ces chiffres, est-il possible d’estimer un pourcentage statistique de fiabilité, par rapport à la révélation, de la version actuelle du Coran ?

Si l’on prend l’ensemble des Corans Higazis, on arrive à 95 pour cent du texte coranique complet (dont environ 20 par un seul manuscrit). C’est une vue statistique et, comme toujours, les statistiques ne veulent pas dire grand chose. Dans la mesure où nous avons sans doute, dès cette époque des qir’ats (des façons de lire) différentes, on ne peut pas en fait se permettre d’additionner les manuscrits. On ne peut pas prendre Or 2165 pour compléter Arabe 328, dans la mesure où il faudrait démontrer qu’ils représentent la même transmission manuscrite. Chaque manuscrit nous donne un renseignement mais un renseignement sur ce manuscrit là seulement. Faire un fac similé où l’on reprendrait des photos de différents manuscrits pour arriver à un Coran complet, c’était un projet qui avait été agité et qui m’avait profondément choqué, à mon avis, ce serait un monstre.

On peut faire une méta-analyse, éventuellement ?

On peut faire une méta-analyse, mais c’est assez difficile parce que, par exemple, dans Or 2165, le copiste n’est pas toujours cohérent : il y a des endroits où, pour revenir à mon "qaala" de tout à l’heure, il écrit "qaala" avec le alif, et d’autre où il ne l’écrit pas. Et pourtant c’est la même main. Et j’ai un manuscrit Oumeyade où c’est encore plus extraordinaire parce que là, c’est à trois lignes d’intervalle sur la même page ou il écrit "qaalou" avec le alif et la deuxième fois sans le alif. On ne peut pas avoir de doute sur le sens du mot. Ce n’est pas quelque chose qui remette en cause le texte lui-même, mais ça montre cette progression de l’orthographe coranique, parce que le Coran que nous avons aujourd’hui, même s’il se présente, dans la post-face de l’édition du Caire comme une reconstruction du Mus’haf othmanien, n’a rien à voir sur le plan de l’orthographe avec ces Corans Higazis qui sont vraiment quelque chose de très particulier, au point de déconcerter le lecteur arabophone. Il ne faut pas se voiler la face, le Coran a, au moins sur ce plan une histoire.

Lorsqu’on interroge les savants musulmans sur le lieu actuel de conservation des codex coraniques les plus anciens, ils nous parlent du codex de Tachkent (Ouzbékistan) et celui du palais du Topkapi à Istanbul (Turquie). Avez-vous étudié ces deux codex ? De quelles époques les datez-vous ?

Les deux manuscrits sont vraisemblablement des manuscrits du deuxième siècle de l’hégire. Je sais que c’est un point qui est sensible et un certain nombre de musulmans sont attachés à ce genre de relique, de même que les chrétiens sont attachés au saint suaire de Turin, par exemple. Donc il faut bien distinguer ici la piété et l’histoire.

Pour l’historien du livre, il est absolument exclu de pouvoir prouver de manière sûre avec ses méthodes que l’un ou l’autre de ces manuscrits remonte à Othman. Alors on pourrait faire une analyse au carbone quatorze, ce serait intéressant, mais ça risquerait d’être extrêmement décevant dans la mesure où on pourrait avoir des résultats qui divergeraient considérablement de ce qu’on attend.

La découverte de milliers de fragments de Corans anciens provenant de 926 Corans différents, lors de la rénovation de la grande mosquée de Sanaa (Yémen) en 1972, a été suivie, en 1999 de déclaration fracassantes de la part d’un chercheur... Plusieurs années après, l’étude de ces fragments a-t-elle amenée quelque chose à la connaissance de la transmission primitive du texte sacré ?

Je dirais malheureusement non, ou trop peu ! Les pistes qui s’ouvrent actuellement sont intéressantes, nous avons toute une série de recherches qui sont entrain de se mettre en place. Le problème, c’est qu’il aurait peut-être fallu commencer par publier les documents pour après proposer des interprétations. Là, en revanche, nous nous trouvons avec les interprétations sans avoir les documents sur lesquelles elles sont supposées reposer.

Je crois que nous avons perdu du temps et peut-être que ce temps ne sera jamais rattrapé. Parce que la controverse est devenue tellement brûlante qu’elle peut rendre l’accès à cette information plus difficile.

En fait, d’après ce que j’ai compris par la suite, Monsieur Puin avait fait des microfilms de ces documents et certains de ces microfilms se sont avéré être voilés.

C’est ce que j’ai entendu dire également. On ne peut en tous les cas pas utiliser ces copies semble-t-il. J’espère qu’on aura une autre façon de procéder.

A-t-on accès aux originaux à l’heure actuelle ?

J’ai pu avoir accès aux originaux, j’ai été très bien reçu au Yémen par les autorités locales, j’ai pu consulter les manuscrits. J’avoue que je pense que les Yéménites peuvent êtres intéressés par la possibilité que ces manuscrits soient étudiés, mais ils ont besoin d’être sûr qu’on n’en fasse pas n’importe quoi. Les polémiques sont venues trop tôt, avant que toutes les informations sérieuses ne soient disponibles ; en outre, et ce n’était peut-être pas très sain, les autorités yéménites ont eu connaissance de tout cela non pas directement, mais disons, indirectement.

Qu’en est-il des collections de Corans anciens dans les bibliothèques des pays musulmans ? Vous citez un codex partiel du premier siècle à Istanbul... Avez-vous eu accès à des collections privées ?

Non, je n’ai pas eu accès à des collections privées, j’ai seulement travaillé sur les collections publiques et, pour faire simple, j’ai essentiellement travaillé en Turquie. Malheureusement, l’accès aux collections du Caire est un peu problématique, on peut se consoler en se disant qu’un certain nombre de manuscrits qui viennent d’Egypte se trouve dans des collections plus accessibles de par le monde.

Où va la recherche dans le domaine de la compilation du texte sacré musulman et dans la datation des Corans du premier siècle ?

La datation des Corans a quand même progressé. On a maintenant une vision plus nette de cette histoire. En Grande Bretagne, certains collègues travaillent sur les lectures : c’est une étude qui est difficile dans la mesure où ce sont des Corans qui ne sont pas vocalisés, donc tout repose sur le Rasm.

Yasin Dutton a néanmoins fait des découvertes intéressantes. Certains nouveaux problèmes sont apparus auxquels je n’avais pas pensé au début, par exemple la question de la division en versets. Les versets sont très exactement indiqués sur les copies anciennes, mais apparemment, comme on le sait depuis longtemps pour le troisième siècle, les divisions en verset ne correspondent pas aux systèmes que nous connaissons maintenant. Il y a en fait une préhistoire de ces théories de la division des versets qui reste à étudier. Ce qui est tout à fait intéressant, ça montre que beaucoup de domaines doivent être abordés, mais ça fait beaucoup pour un seul homme.

Voyez-vous une question importante dans ce domaine que nous ayons oublié de vous poser ?

Pour moi, maintenant, les problèmes sont plutôt ceux du deuxième siècle que ceux du premier. Pour le premier siècle, nous avons maintenant déblayé un certain nombre de questions ; nous ne les avons pas résolues, mais nous avons proposé un certain nombre de théories qui sont contestables et qui seront sans doute contestées. Elles sont là justement pour offrir le point de départ d’une discussion. En revanche, par comparaison, le siècle suivant, qui est un siècle important pour l’histoire de l’islam, est un peu une "Terra Incognita" dans laquelle, pour l’instant, nous n’avons pas de point de repère.

Pas de documents donc ?

La fin des Oumeyades et le début des Abbassides, qui a dû donner lieu à des créations importantes, est assez mal documentée. J’ai bien sûr des hypothèses, mais elles ne reposent que sur le fait que des documents du troisième siècle présentent telle et telle apparence ; ils sont datés par des colophons et par différents moyens, tandis que le deuxième siècle, c’est un petit peu le siècle où l’on met ce que l’on ne réussit pas à caser ailleurs. C’est une façon disons un peu simpliste de travailler. J’aimerais donc par la suite pouvoir d’avantage élaborer et voir, justement, quelles ont été les solutions progressivement mises au point pour la transmission du texte coranique.

Donc, pour le premier siècle (de l’Hégire), est-ce que pour vous, les choses correspondent à peu près à la tradition musulmane, ou quelles en sont les différences principales.

Je ne peux pas aller aussi loin que la tradition musulmane. Pour moi, ce que je peux dire à l’heure actuelle c’est que nous avons des témoins anciens que l’on peut dater prudemment de la seconde moitié du premier siècle de l’hégire, fin du septième siècle de l’ère chrétienne. Des témoins anciens d’un texte coranique qui est grosso modo celui que nous avons maintenant existent bien. Je dis grosso modo, non pas tant pour le contenu mais pour l’orthographe, pour la division en versets, qui sont légèrement différents.

Certaines des trouvailles de Sanaa montrent une organisation différente des sourates, dans une des rares publications que nous ayons. Mais ça montre bien, justement, que ce que nous savons par les textes a été une réalité : des sources signalent qu’il y a eu des classements concurrents des sourates, que le classement que nous connaissons maintenant l’a emporté mais qu’il n’était pas le seul au départ.

Mais dans l’ensemble, je dirais que la silhouette du codex Higazi, pour l’appeler de manière un peu simpliste, même s’il a été copié à Foustat, à Damas ou a Couffa, a quand même pas mal pris tournure.

Je vous remercie, au nom des lecteurs d’Oumma.com, pour l’attention que vous avez porté à nos questions, pour le temps que vous avez passé à y répondre, et pour vos réponses qui nous ont passionnées.

Conclusion

J’ai vécu ce voyage aux sources du Coran d’une manière particulièrement intense, presque mystique. Une sorte de "quête du Graal", version musulmane bien sûr... Au cours de mes recherches, j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens formidables, passionnés, que pour des raisons de place je n’ai pas tous cité. Qu’ils soient ici tous remerciés pour leurs précieuses contributions.

J’ai toujours considéré que les musulmans ne devraient pas avoir peur de confronter leurs convictions aux réalités de ce bas monde. C’est par cette méthode que les convictions s’affinent et se renforcent.

Je pense pouvoir considérer que mes recherches ont été couronnées de succès ce qui me procure une grande satisfaction : les données actuelles de la science confirment une grande partie de la conviction des musulmans de détenir le texte original du Coran, d’inspiration divine.

Ce n’est pas la première fois que je constate, après étude approfondie, qu’il n’y a pas de contradiction majeure entre les données actuelles de la science et ma foi musulmane. L’islam est du domaine de la foi, la science est du domaine de l’expérimentation, ma foi ne dépend pas de la science mais il est intellectuellement satisfaisant de vérifier que les deux ne sont pas en opposition. Dans ce cas précis, je peux affirmer que l’étude de la science a fait croître ma foi.

Mes recherches m’ont mis en contact avec des exemplaires publics des corans anciens. Je reste convaincu qu’il ne s’agit que de la face apparente d’un iceberg dont la face cachée se trouve, à l’abri des chercheurs, dans des collections privées.

"Allez chercher la science, même si elle est en Chine" dit un célèbre hadith prophétique. Mon expérience me prouve que cet ordre pouvait être la source de grands bonheurs. Et à propos de la Chine et de corans anciens, il me faut rappeler qu’une dépêche récente de l’agence Xinhua, reprise par le "Quotidien du peuple" du 11 octobre 2004 tirait la sonnette d’alarme sur l’état désastreux des plus anciennes copies du coran conservées en Chine et qui nécessitent des restaurations d’urgence. Une perspective de nouvelles aventures ?

Dr. Abdallah Thomas Milcent

http://oumma.com/Voyages-aux-sources-du-Saint-Coran%2C1237






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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 09:26

hjbbng

Histoire de la compilation et de la diffusion du Coran


La « compilation » du Coran ne signifie pas son écriture ; puisque le Coran est la Parole de Dieu révélée au Prophète Mohammad hgbvnvnv , Messager dont le devoir était de transmettre cette Parole à l’Humanité. D’après le Coran lui-même, ce Livre est une représentation physique d’un autre Coran, incréé et préservé dans "La Tablette gardée" [1] : [2]

"Ce Qoran glorieux

Est écrit sur une table gardée avec soin" [3]

Le Coran a été révélé au prophète Mohammad hgbvnvnv par l’intermédiaire de l’archange Gabriel durant 23 années. Le Prophète hgbvnvnv a récité au fur et à mesure ce qui lui était révélé du Livre aux hommes.

Ainsi la compilation du Coran ne signifie pas sa "rédaction" mais sa transcription et son rassemblement dans un volume unique. Cette compilation s’est faite en trois temps : du vivant du Prophète hgbvnvnv , où ce dernier s’est assuré de la mise en écrit de toute la Parole qui lui avait été révélée ; après son décès et à l’époque du premier calife, où la validité de tous les versets a été vérifiée et le Coran rassemblé dans des volumes uniques ; et enfin le califat de ’Othmân, où les diverses compilations ont été unifiées en une seule, qui est la version originelle de tous les Corans existants et publiés aujourd’hui.


Manuscrit en script hijazi remontant à la première moitié du Ier siècle de l’hégire

La première étape de la préservation du Coran

Elle a commencé dès la Révélation, avec le travail du Prophète hgbvnvnv lui-même et son acharnement à préserver le verset exactement, dans les moindres détails, même phonétiques. Dès les premières conversions - qui étaient d’ailleurs souvent provoquées par l’écoute du Coran -, les nouveaux musulmans apprenaient les versets par cœur et le Prophète vérifiait l’exactitude de ce qu’ils avaient appris. Les nouveaux musulmans appréciaient tant le Coran qu’ils rivalisaient dans sa connaissance, à tel point que le Prophète hgbvnvnv devait parfois calmer les ardeurs des nouveaux convertis. [4] Le Prophète hgbvnvnv écoutait lui-même les musulmans réciter pour vérifier leur prononciation et la correction de ce qu’ils avaient retenu. Il faut préciser que la culture arabe était essentiellement une culture orale, où la mémoire jouait un rôle fondamental. Les Arabes de la péninsule arabique des débuts de l’islam disposaient pour la plupart d’une capacité de mémorisation exacte et extraordinaire qui les rendait capables de retenir des livres entiers par cœur. Il était courant pour beaucoup d’Arabes de cette période de connaitre plusieurs dizaines de milliers de chants ou de poèmes. Ainsi, la première « compilation » du Coran fut orale et se fit au fur et à mesure de la Révélation des versets divins au Prophète hgbvnvnv , qui les transmettait immédiatement.

Combien de personnes ont été les premières à connaître l’intégralité du Coran ? C’est une question polémique qui a posé beaucoup de problèmes. Le Français Blachère cite sept noms, se basant sur un hadith de Bokhâri [5], alors qu’un autre hadith cite uniquement quatre noms et que les historiens estiment aujourd’hui que leur nombre dépassait les dizaines.

La compilation écrite des versets

Considérant que la tradition arabe était une tradition orale, il faut insister sur le fait que le Coran s’est diffusé de façon orale sous la supervision du Prophète hgbvnvnv , mais ce dernier s’est également chargé immédiatement de transcrire par écrit les versets. Le mot "Coran" est dérivé de la racine arabe relative à "lecture" et le premier verset de la Révélation musulmane a été un ordre de lecture :

1. Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé,

2. qui a créé l’homme d’une adhérence.

3. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble,

4. qui a enseigné par la plume [le calame],

5. a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. [6]

C’est donc normal que la compilation écrite du Coran ait également été immédiatement poursuivie par le Prophète hgbvnvnv . Dès le départ, rassemblant les rares lettrés, le Prophète hgbvnvnv a procédé à la mise en écrit du Coran, parallèlement à sa diffusion orale. [7] Le Coran lui-même est la meilleure preuve de cette compilation écrite. Dans la sourate 98 Al-Bayyinah (La preuve), versets 1 à 3, il est insisté sur le caractère "écrit" du Coran :

1. Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs, ne cesseront pas de mécroire jusqu’à ce que leur vienne la Preuve évidente :

2. un Messager, de la part d’Allah, qui leur récite des feuilles purifiées,

3. dans lesquelles se trouvent des prescriptions d’une rectitude parfaite.

Les scribes du Coran étaient tous des Compagnons du Prophète hgbvnvnv et des musulmans dignes de confiance. Hakim dit dans le Mostadrak que "Le Coran fut compilé trois fois : la première fois durant la vie du Prophète, la deuxième et la troisième fois sous la supervision des deux califes" et il cite Zeyd "Nous étions auprès du Prophète hgbvnvnv et rassemblions le Coran qui était écrit sur les feuilles fraîches." Le théologien chiite du Xe siècle, Seyyed Râzi, estime également que le Coran a été compilé intégralement sous sa forme actuelle à l’époque du Prophète hgbvnvnv , suivant le raisonnement suivant : les premiers Compagnons du Prophète ont plusieurs fois récité l’intégralité du Coran suivant l’ordre actuel du Coran – la version actuellement existante du Coran datant d’après le décès du Prophète -, pour que le Prophète vérifie la justesse de leur récitation, il y avait donc déjà à l’époque une compilation "intégrale".


Coran en style kufi datant du VIIe siècle


Les « scribes » de la Révélation

L’histoire raconte que durant les débuts de la Révélation, dans tout le clan des Quraysh, seuls dix-sept personnes savaient lire et écrire et à Médine, région plus rurale, leur nombre était encore plus réduit.

Mais dès l’apparition de l’islam, l’alphabétisation commença sous l’impulsion du Prophète hgbvnvnv et finalement, durant les dernières années de sa vie, une quarantaine de scribes étaient chargés de transcrire le Coran. C’est un chiffre également très polémique. Certains de ces scribes, comme Zeyd et Ubbay, qui maîtrisaient tous deux le syriaque et l’hébreu, ont uniquement travaillé à cette transcription, alors que d’autres étaient également chargés de la correspondance officielle de la nouvelle communauté musulmane. Parmi ces derniers, le calife ’Othmân et l’Imâm ’Ali étaient particulièrement actifs.

Les versets étaient inscrits sur des feuilles de qualité diverse : feuilles de palmier, peaux de gazelle, cuir, soie, pierres ou os blancs et plats, ou même des tablettes en bois. Il y avait aussi du papier et de l’encre disponibles, puisque la ville de La Mecque était située sur une route de commerce et que les riches Mecquois avaient donc besoin de tenir une comptabilité.

Les compilations écrites du Coran

A la mort du Prophète hgbvnvnv , l’ensemble du Coran avait été compilé et le Prophète hgbvnvnv avait vérifié la conformité des versets et l’ordonnance des sourates. Tous les hadiths et souvenirs recueillis de cette époque confirment effectivement que le Prophète hgbvnvnv lui-même avait indiqué l’ordre des versets dans les sourates et l’ordonnance des sourates dans le Livre. Ainsi, la sourate qui ouvre le Coran, « Al-Fatiha » (L’ouverture ou Le prologue) avait le même nom du vivant du Prophète hgbvnvnv .


Verset 17 de la sourate al-Isra’, Coran datant du IXe siècle, calligraphe anonyme, Library of Congress


Les compilations du Coran après le décès du Prophète

La guerre du Yamâmah


Un an après le décès du Prophète hgbvnvnv , la guerre du Yamâmah causa la mort de centaines de récitants du Coran, les chiffres variant de 70 à 450. Cet événement poussa le calife Abou-Bakr à rassembler l’ensemble du Coran en un livre unique, sous l’instigation du futur calife ’Omar, dit-on. [8] Ce fut la deuxième compilation. Ainsi, ’Omar ordonna que tous ceux qui possédaient un manuscrit de versets l’apportent pour que les versets soient ajoutés à l’ensemble et aucun verset n’était accepté, pas même s’il était apporté par un des scribes du Prophète hgbvnvnv , sans qu’au moins deux personnes témoignent de la validité du verset, c’est-à-dire qu’ils témoignent que ce verset avait été transcrit directement sous la supervision du Prophète hgbvnvnv . L’histoire et les commentaires du Coran sont en soi des preuves de l’extrême méticulosité qui fut portée au rassemblement du Coran à cette occasion. Le scribe Zeyd, secondé par ’Omar Ibn al-Khattâb, fut choisi par le calife pour mener à bien cette compilation. Ce travail commença en l’an 13 de l’hégire (633) et dura quatorze mois. Cette compilation est le Coran tel qu’il est connu aujourd’hui. Une unique version fut donc préparée, et conservée par Abou-Bakr jusqu’à son décès. Puis ce fut le second calife ’Omar, qui le conserva, et finalement Hafsa, sa fille et épouse du Prophète. Le calife ’Othmân copia ce Coran en deux exemplaires et il fut finalement détruit – certains disent brulé, d’autres disent lavé, d’autres disent déchiré, par Marvan, le calife omeyyade - [9], mais il avait déjà été copié et distribué dès l’an 30, après la troisième compilation (qui a conduit à l’unification de tous les exemplaires) ; et c’est le Coran aujourd’hui existant dans la communauté musulmane qui veille sur son intégrité.

Les Corans personnels

Avant l’ordre de rassemblement des versets et sourates épars, il était courant, surtout pour les premiers musulmans et les Compagnons du prophète, d’avoir des Corans propres, c’est-à-dire des Corans comportant uniquement quelques versets ou sourates, qui n’étaient pas intégraux et dont l’ordonnance était également variable d’un exemplaire à l’autre. Ces Corans étaient des quasi-titres de noblesse et donnaient un prestige immense à leurs propriétaires. On cite 23 de ces exemplaires dont les noms des propriétaires soient parvenus jusqu’à nous. Aucune de ces compilations n’a été découverte à ce jour et les plus anciennes pages des Corans trouvées datent d’après l’unification. Durant ces années, les musulmans utilisèrent ces compilations souvent incomplètes éparses et certaines d’entre elles avaient également des spécificités graphiques basées sur les différences de récitations ou d’accents. Le Coran qui existe aujourd’hui est entendu dans l’accent mecquois des Quraysh et au moment de son rassemblement par Zeyd, un groupe de lettrés et de poètes qurayshites fut chargé de s’assurer de la justesse de la prononciation. Ces diverses compilations, surtout celles qui étaient intégrales, avaient chacune leurs défenseurs.


Versets 85-88 de la sourate Al-Anaam, IXe siècle, calligraphe anonyme, écriture koufique, Library of Congress


L’unification des compilations à l’époque du calife ’Othmân

Avec le développement et la diffusion de l’islam dans des pays non-arabophones et les difficultés de prononciation de ces peuples, ainsi que les particularités des différents accents arabes de la péninsule elle-même, une demande en traduction se montra très tôt, ainsi qu’une pression pour l’acception de toutes les prononciations existantes. D’un autre côté, les récitants avaient chacun leur propre manière de lire et chacun était libre de suivre l’une de ces récitations. Ainsi, des problèmes sérieux avaient surgi en matière de lecture coranique et de prononciation phonétique à l’époque du calife ’Othmân. Une organisation, un groupe fut mis en place, encore une fois sous la direction de Zeyd, pour unifier toutes les compilations existantes. Durant cette unification, toutes les compilations différentes, y compris la compilation d’Abou-Bakr, furent comparées ensemble.

Cette comparaison des différentes compilations fut le secret du succès de cette unification car à cette époque, chacune des compilations avait ses défenseurs qui s’accusaient mutuellement d’hérésie. De plus, parallèlement à la comparaison, la même méthode utilisée pour compiler le Coran à l’époque d’Abou-Bakr fut utilisée pour vérifier la validité des versets et sourates de chaque compilation. Ainsi, un nouveau Coran fut transcrit avec une grande attention, non seulement dans la vérification de l’authenticité des versets et des sourates et de leur ordonnance, mais aussi du choix de leur graphie. A l’époque, l’écriture arabe était encore en formation et chaque mot pouvait être orthographié de plusieurs manières. Les scribes se montrèrent très attentifs à utiliser exactement la même graphie pour chaque mot et ses dérivés et ainsi ce Coran fut aussi parfaitement homogène graphiquement. Quand il y avait des différences d’avis sur la phonétique d’un mot selon les différences de récitations, on transcrivait le mot avec une autre orthographe dans un autre manuscrit, pour ne pas mélanger les graphies. C’est-à-dire qu’on conserva les différentes récitations à l’écrit de façon indépendante les unes des autres. [10] Quant aux récitations, on n’accepta que celles qui étaient le plus en accord avec la récitation du Prophète hgbvnvnv lui-même. Malik Ibn Amir, qui était membre du groupe de vérification raconte : "Quand il existait une divergence d’opinion sur un verset, et si par exemple, ce verset avait été récité par le Prophète hgbvnvnv à une personne, on le transcrivait en laissant un espace blanc, puis on allait chercher la personne à qui le Prophète l’avait récité et ce dernier témoignait de la prononciation du Prophète. Son témoignage était vérifié et s’il était validé, le verset était définitivement transcrit." [11]

Ainsi, l’immense œuvre de transcription définitive du Coran à l’époque du calife ’Othmân se fit sans heurts et sans dissensions. Après la compilation définitive, le calife ’Othmân ordonna le rassemblement de toutes les compilations personnelles et de tous les manuscrits coraniques existants, puis il en ordonna la destruction totale. On sait qu’effectivement la plupart des manuscrits furent détruits à ce moment, mais certains ont refusé de rendre le leur et au fil de l’Histoire, certains de ces manuscrits ont parfois réapparus. [12] Pourtant, les deux seules compilations intégrales dont on sait qu’elles n’ont pas été détruites à l’époque sont celle de l’Imâm ’Ali (quatrième calife), qui demeura dans sa famille et celle de ’Abdollâh. Deux siècles plus tard, le grand libraire et collectionneur persan Ibn Nadim, auteur de la plus ancienne bibliographie du monde musulman, dit avoir vu ce Coran chez Abou Yalâ, un des descendants du Prophète hgbvnvnv . [13] Quant à la date exacte de cette compilation, les avis des historiens divergent, mais au vu des documents existants, cette compilation a probablement commencé vers la fin de l’an 24 de l’hégire ou au début de l’an 25 et s’est terminée avant l’an 30, soit sur une durée d’environ cinq années.

Cette œuvre du calife ’Othmân est sans conteste l’une des grandes victoires de l’islam. Au fil des siècles, d’incessants débats ont eu lieu autour du Coran et sur son contenu, mais les millions de musulmans, même aujourd’hui, n’ont jamais eu affaire à des versions différentes et il n’existe définitivement qu’un seul Coran.


Versets 35-36 de la sourate al-Ghafir, XIe-XIIe siècles, calligraphe anonyme, Library of Congress



Les copies du Coran et sa diffusion

Après que la compilation définitive du Livre saint prit fin, des copies en furent faites et envoyées aux quatre coins des territoires islamiques. [14] Cet événement n’a jamais subi le moindre démenti et pendant des siècles, ces copies étaient si prestigieuses qu’elles étaient conservées avec le plus grand soin dans la grande mosquée de la région où elles avaient été envoyées. [15] Mais il existe des dissensions quant au nombre de ces premières copies. Finalement, les historiens, au vu des études faites, sont d’accord sur le fait que ce nombre premier de copies correspond au nombre des "provinces" stratégiques du territoire islamique, c’est-à-dire un total de cinq copies, qui furent chacune envoyées aux gouverneurs de ces provinces : la région de La Mecque, la région de Médine, Koufa, Bassora et la Syrie (Damas).

Très vite, ces cinq copies furent de nouveau copiées et mises à la disposition de tous. Aujourd’hui, il existe une dizaine de très anciennes copies, certaines même datant des deux premiers siècles de l’Hégire, conservées un peu partout dans le monde. [16] Pour conclure, il faut préciser que les millions de copies existantes du Coran aujourd’hui sont toutes basées sur cette compilation finale conduite à l’époque de ’Othmân.

Bibliographie :
- Râmyâr, Mahmoud, Târikh-e Qor’ân (Histoire du Coran), Téhéran, éd. Amir Kabir, 1983.
Notes
[1] Al-Lawh al-Mahfoûdh ou Tablette préservée est le Livre divin où Dieu a inscrit la destinée de toutes les créatures avant même leur création.
[2] "La nuit d’al-Qadr, le Coran était révélé en une seule fois depuis la Table conservée aux cieux (Al-Lawh al-Mahfoûdh) vers les cieux inférieurs (littéralement le ciel terrestre). Al-Lawh al-Mahfoûdh est évoqué par ailleurs dans le Coran (Sourate al-Bûrûj, les Constellations) et interprété comme l’exemplaire original du Coran, c’est-à-dire celui qui ne peut subir aucune altération." Faher, Mourad, Approche critique des représentations de l’Islam contemporain, Collection Histoire et perspectives méditerranéennes, Editions L’Harmattan, 2003, p. 30.
[3] Le Koran, traduction de Kazimirski.
[4] Râmyâr, Mahmoud, Târikh-e Qor’ân (Histoire du Coran), Téhéran, éd. Amir Kabir, 1983. Cite Ibn Sa’ad, Kitâb al-Tabaghât-el Kabir, Beyrout 1968, 13 vol.
[5] Ibid. p.248, Blachère, Régis, Introduction au Coran, Paris, 1943, note 26.
[6] Sourate Al-’Alaq (L’adhérence) ; 96 : 1-5.

[7] Râmyâr, M., op.cit., p. 257.

[8] Ibid., p. 306.

[9] Ibid., cite Abou-Shâmeh, p. 326.

[10] Ibid., p. 425.

[11] Ibid., p. 426, cite Abou-Shâmeh, Masâhef,60,65, Mughana’, 7.

[12] Ibid., p. 431, cite Noldeke, Theodor, Die Sammlung des Qurans, Leipzig, 1919, p. 122.

[13] Ibid.

[14] Ibid.p. 460.

[15] Ibid.

[16] On peut notamment citer la copie conservée au Conseil musulman Académie culturelle ouzbek depuis 1923, qui est si ancienne qu’on pensait qu’elle était l’une des copies originales faites à l’époque du calife ’Othmân, ou la copie offerte par le sultan ottoman à l’empereur Guillaume II à la veille de la Grande Guerre. Il y a également un manuscrit, le codex Parisino-petropolitanus, comportant une soixantaine de feuillets figurant à la Bibliothèque Nationale de France, qui daterait de l’an 34 de l’Hégire. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coran



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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 10:22

Salam

C'est très beau


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« La vie présente est la prison du croyant et le paradis du mécréant. » Hadith authentique rapporté par Mouslim
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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 10:57

hjbbng

oui.... :)

Coran vieux de mille ans découvert en Chine


A Dong Xiang, dans la province du Gansu, dans le sud-ouest de la Chine a été découvert un vieux manuscrit du Coran. La matière de la couverture, les techniques d’illustration, la calligraphie et le papier utilisé, amène à penser que cet exemplaire daterait de 200 à 300 ans après l’Hégire ( soit 8e au 9e siècles du calendrier Grégorien).

Le manuscrit Coranique composé de 536 pages, a été fabriqué en papier Samarcande – ville de l’Ouzbékistan.

Considéré comme le plus ancien à ce jour, un autre exemplaire datant de 200 à 600 ans après l’Hégire, est gardé dans la mosquée Tsi Jih, dans le sud-ouest de la Chine. Après expertise et si cette nouvelle copie confirme sont ancienneté, elle deviendrait l’exemplaire le plus ancien de la Chine.

Le sud-ouest de la Chine qui abrite ses deux exemplaires du saint Coran est une région où de nombreux habitants ont embrassé l’Islam.







http://www.trouvetamosquee.fr/coran-vieux-de-mille-ans-decouvert-en-chine/


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:04

hjbbng

Publié le 11/04/2013

“2 tunisiens impliqués dans le vol d’un livre du CORAN vieux de 500 ans et valant 1 million de dinars en Libye”

Read more about Tunivisions.net |Tunisie , Fait divers : 2 tunisiens impliqués dans le vol d’un livre du CORAN vieux de 500 ans et valant 1 million de dinars en Libye on:
http://www.tunivisions.net/42736/232/149/tunisie-fait-divers-2-tunisiens-impliques-dans-le-vol-dun-livre-du-coran-vieux-de-500-ans-et-valant-1-million-de-dinars-en-libye.html?utm_source=INK&utm_medium=copy&utm_campaign=share&

Selon des informations publiées par des médias lybiens, deux ressortissants tunisiens auraient été arrêtés au cours de la semaine passée par les unités sécuritaires en compagnie d'un lybien dans la région de ''Aïn Zara'', pour leur implication dans le vol d'un exemplaire unique du saint CORAN, faisant partie du patrimoine libyen. Le vol a été commis dans le musée de la ville de Sabrata, et l'oeuvre devait être recelée en Tunisie. A noter que ce exemplaire manuscrit du saint CORAN date d'il y a 5 siècles, et que sa valeur dépasse le Million de dinars libyens. Les accusés ont été remis entre les mains de la justice.”



http://www.tunivisions.net/42736/232/149/tunisie-fait-divers-2-tunisiens-impliques-dans-le-vol-dun-livre-du-coran-vieux-de-500-ans-et-valant-1-million-de-dinars-en-libye.html



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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:17

hjbbng



Depuis son avènement, le Coran est et reste le livre le plus lu au monde.
Nous sommes au mois de Ramadhan de l'an 610. Le futur Prophète de l'islam, Mohamed ( paix soit sur lui ), a pris l'habitude de s'isoler pour médite dans une caverne proche de la Mecque, sur le mont Hira. Plusieurs semaines passent. Et puis, la nuit qui précède le 27 ème jour du mois, soudain, une apparition: un être de lumière.

Le prophète Muhammad hgbvnvnv s'isolait dans la grotte de Hirâ, fuyant l'adoration des idoles et se consacrant à Allah, avant de regagner les siens. Il revenait chez Khadija, s'approvisionnait et repartait, ainsi de suite jusqu'au moment où la vérité apparut dans la grotte.


Ecoutons le récit du Prophète Mohamed (paix soit sur lui) lui même:" Il m'apprit qu'il était l'ange Gabriel, qu'ALLAH l'avait envoyé pour m'annoncer qu'il m'avait choisi pour son messager. L'ange m'apprit à faire mes ablutions, et lorsque je revins le corps purifié, il me demanda de lire. Je répondis:"Je ne sais pas lire".Il me pris dans ses bras et me serra très fort, et me laissant ensuite, il me demanda encore une fois de lire. Je lui dis:" Mais je ne sais lire". Il me serra de nouveau et plus fort, puis me demanda de lire,et je répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras pour la troisième fois et m'ayant serré encore plus fort qu'avant, il me lâcha et dit:
Lis au nom de ton Seigneur qui a crée! Qui a Crée l'homme d'une adhérence. Lis! Car ton seigneur est très-Généreux, qui a enseigné par le calame, qui a enseigné à l'homme ce qu'il ignorait"

Ce fut les cinq premiers versets révélés par ALLAH le Très Haut.
1. Lis au nom de ton Seigneur qui a créé!
2. Qui a créé l'homme d'une adhérence !
3. Lis! Ton Seigneur est le Très Noble!
4. Qui a enseigné par la plume [le calame]
5. A enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas.
Coran Sourate : 96-Al ‘Alaq Ecoutez la sourate - Version Française


Et Gabriel disparu, laissant Mohamed (paix soit sur lui) en état de choc.

Le Messager d'Allah revint tout tremblant chez Khadija bint Khouwaylid disant : « Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! ». On l'enveloppa jusqu'au moment où se dissipa sa frayeur.
Alors il raconta à Khadija ce qu'il venait de vivre, en ajoutant : « J'ai crains pour ma vie ».
L'événement marque pour lui le début de la Prophétie, à 40 ans. Mais il devra attendre trois longues années avant que de nouveau la révélation divine le touche. Car il s'agit bien, comme son récit en témoigne, d'une révélation et non d'une simple inspiration d'écrivain. Le Coran, tout comme les autres textes sacrés reconnus tels (La Torah et L'Evangile par exemple) est "révélé" en ce sens précis qu'il est comme dicté mot à mot au Prophète Mohamed (paix soit sur lui), qui doit restituer fidèlement le message divin à son peuple.

Suite à cela Gabriel se manifesta une seconde fois comme le rapporte le hadith de Jabir ibn 'Abdullah :

Jabir ibn 'Abdullah a rapporté qu'il a entendu le Messager d'Allah dire :
« Alors que je marchais, j'entendis soudain une voix venant du ciel. Alors, levant les yeux, je vis le même ange qui m'était apparu à la grotte de Hira, assis sur une chaise entre le ciel et la terre. Je fus tellement surpris que je retournai (chez ma famille) et je m'écriai : Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! et on m'enveloppa. Alors Allah le Très Haut révéla les versets :
Ô, toi (Mohamed) ! Le revêtu d'un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur.
Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi ...

[Sourate 74 : versets 1/5 ]


Après trois ans de silence donc, les révélations reprennent, et s'étaleront dans le temps sur les vingt dernières années de Mohamed (paix soit sur lui), dont les dix dernières se dérouleront à Médine.En effet, le Coran n'apparaitra pas soudain d'un bloc, construit et définitif.Mais il se révèlera aux hommes par fragments, au gré des circonstances, apportant tel éclaircissement ou telle voie à suivre lorsque le besoin d'être guidé se fera sentir.
Pour autant, les lecteurs du Coran savent que celui-ci n'est pas une suite de versets sans queue ni tête, mais au contraire un ensemble homogène de 114 sourates. L'explication de ce mystère nous est donnée dans le Coran lui même " Nous avons fragmenté le Coran pour que tu ne le récites aux hommes que peu à peu, mais certes nous l'avons révélé". (Sourate 17,Verset 107).


Mohamed (paix soit sur lui) qui ne savait ni lire ni écrire, insiste d'abord auprès de ses compagnons pour que les versets soient appris par coeur au fur et à mesure des révélations, on les réciteras aux prières liturgiques.En particulier, le Prophète Mohamed (paix soit sur lui) a pris l'habitude, durant le mois de Ramadhan, de réciter la totalité du Coran alors connue, lors de prières supplémentaires, les prières du Tarawih.Sous la surveillance de Gabriel, la mémoire de Mohamed (paix soit sur lui) devenait "plus féconde que le vent portant la pluie".
Et pendant le dernier Ramadhan de Mohamed (paix soit sur lui).Gabriel lui fera réciter par deux fois la totalité du Coran, lui signifiant ainsi doublement l'achèvement de sa mission et sa mort prochaine.La tradition d'apprendre le Coran par coeur est donc bien ancrée dans le coeur des musulmans.
Mais les compagnons lettrés, prennent également l'habitude de noter les versets par écrit.
A partir de quelle date exactement,on ne le sait. Toujours est-il que cinq ans après la première révélation, des traces écrites existent déjà.Et de cela on est sûr, car c'est à cette époque que le futur Calife Omar, séduit par la lecture de la sourate 20, se convertit à l'islam.


Cette transcription du Coran, alors qu à cette époque, n existe que par écrit en langue arabe qu'un petit nombre de poèmes, trouve son bien fondé dans le fait que la première révélation parle déjà de l'importance de l'écrit, de l'enseignement par le calme.
Tout comme le Prophète (paix soit sur lui) faisait réciter ses compagnons, il dicte aux scribes les versets, faute de papier (il n'est pas encore inventé) tous les matériaux sont bons: morceaux de parchemin, cuir tanné, tablettes de bois, omoplates de chameaux, morceaux de poterie, nervures médianes des dattiers ... Au fur et à mesure, les versets, comme un puzzle s'agenceront, le Prophète Mohamed (paix soit sur lui) précisant l'emplacement des versets dans les sourates, et des sourates dans l'ensemble du livre. En effet, si quelques fois, toute une sourate fut révélées d'un coup, à d'autre occasions, les fragments d'un même chapitre vinrent avec des intervalles, à d'autres encore, plusieurs sourates étaient commencées simultanément et se poursuivaient avec des interruptions.
Par le double contrôle oral et écrit, le Prophète (paix soit sur lui) s'assure de la conservation de l'intégrité du texte.Les mémoires défaillantes peuvent s'appuyer sur un texte écrit, et dans l'autre sens, les erreurs de copie sont corrigées grâce à la mémorisation du texte.


Ainsi, pas un iota du texte sacré ne pourra être modifié par erreur.
Lorsque le Prophète Mohamed (paix soit sur lui) quitte ce monde, plusieurs compagnons ont la chance d'avoir retenu par coeur la totalité des versets.Par contre, il n'existe pas de texte complet du Coran.Sur le coup, personne ne s'en émeut outre mesure.La bataille de Yamâma va faire prendre conscience de ce manque.
Là, cinq cents d'un groupe de trois mille musulmans de la première heure et comptant parmi les plus connaisseurs du Coran, trouvent la mort.Omar prend alors conscience du danger et s'en va trouver le Calife Abou-Bakar.
Les compagnons de l'envoyé d'ALLAH tombent à Yamâma à la façon de papillons dans le feu, et je crains qu'ils le fassent toujours s'ils rencontraient une occasion pareille de se faire tuer, cependant qu'ils sont porteurs du Coran. Ainsi le Coran sera perdu et oublié.Si tu le réunissais et le faisais écrire ?
Pendant les dernières années de sa vie, le Prophète (paix soit sur lui) employait de manière officielle des secrétaires, les uns pour les tâches courantes, d'autres pour la transcription de la révélation coranique.Le jeune Zaid ibn Thâbit faisait partie de ce groupe.Il était même devenu le scribe principal de Mohamed (paix soit sur lui) et comptait parmi les personnes qui connaissaient la totalité du Coran par coeur.


Tout naturellement, le Calife Abou-Bakar le chargera donc de réunir le Coran dans son ensemble.Mais le Calife, avec le scrupule qui le caractérise, tient à ce que les précautions soient prises: pour chaque verset, Zaid devra trouver au moins deux témoignages écrits, avant de l'inclure dans la copie définitive.Et le Calife demandera aux habitants de Médine d'apporter les fragments écrits qu'ils possèdent.Sur la totalité du Coran, la tradition nous apprend que seuls deux versets ne se trouvèrent par écrit que chez une seule personne.Cette copie appelée Mushaf (feuilles réunies), sera conservée par le Calife Abou-Bakar et après lui par son successeur Omar.
Pendant ce temps, l'enseignement du Coran est encouragé dans tout l'empire musulman, qui ne cesse de s'accroître.Omar, toujours perspicace, entrevoit le besoin d'envoyer des copies du Mushaf dans les principaux centres, afin d'éviter tout risque de déviation, et d'erreurs de prononciation dans les pays non-arabes. Mais il n'en aura pas le temps, et c'est le troisième Calife Osman qui s'en chargera.
Il demandera à une commission présidée par le même Zaid ibn Thâbit d'établir sept copies à partir du Mushaf, en autorisant la révision de l'orthographe dans le sens d'une plus grande lisibilité du texte, en particulier pour les non arabophones.
Après lecture publique de la nouvelle édition devant les savants du Coran que compte Médine, ces copies sont envoyées aux quatre coins de l'empire, avec ordre du Calife de détruire tout texte ne correspondant pas au texte officiel. En effet, certaines divergences existaient du fait d'erreurs de copie, ou encore de la prise en compte d'un commentaire comme faisant partie du texte.Et il importait que ces textes inexacts soient détruits.


Le Coran de Othman ibn 'Affan est considérée comme la plus ancienne copie du Coran au monde. Elle est réputée pour avoir gardée une trace de sang de Othman, il fut le troisième calife musulman.
Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh dans le vieux quartier "Hast-Imam" de Tachkent en Ouzbékistan.


Des copies envoyées par Osman, il en reste de nos jours une complète, que l'on peut admirer au musée Topkapi d'Istanboul, et une autre ou il manque quelques feuillets à Tachkent. Et entre ces copies et les millions d'exemplaires éditées de nos jours, aucune différence ... Ou plutôt si, une différence existe, quant à l'orthographe, en effet, à l'époque de la révélation, l'écrit venait à peine de faire son apparition. Pour les vingt huit lettres que compte l'alphabet, seuls quinze signes différents existaient. Ainsi le "b", le "t", le "th", le "n" et le "y" avaient presque la même façon de s'écrire et n'étaient pas différenciés par ce qu'on appelle des signes diacritiques, les points sur ou sous les lettres en arabe, les accents en français. On reconnaissait donc les lettres selon le contexte, leur emplacement dans le mot. De même, si en arabe, les voyelles longues sont représentées, les voyelles courtes et d'autres signes ne le sont qu' exceptionnellement, quand il y a ambiguïté. Ce sont en effet les fonctions grammaticales des mots qui permettent de les deviner. Tel est encore le cas dans l'arabe écrit courant. Cette écriture ne permet donc pas à une personne non arabophone de lire le texte phonétiquement.
Le Coran bénéficia donc jusqu'à la deuxième moitié du premier siècle de l'Hégire de différentes réformes orthographiques pour être tel que nous le connaissons actuellement.

http://mosquee.ibrahim.free.fr/pages/La-revelation.php












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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:23

hjbbng

Les plus anciens manuscrits du Coran : La Voie originelle

Un certain nombre de copies du plus vieux Coran subsistent est sont tenus en grande "vénération", particulièrement dans la ville de Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan.

Il faut en premier citer l’un des manuscrits baptisé le Coran de Othmane, ou «copie de l’Imam», considéré comme le plus ancien Livre Saint musulman dans le monde.

Il faut également parler de la motivation de Othmane à solliciter une commission d’hommes lettrés et théologiens, pour réunir tous les versets du Coran, détenus par Hafsa, l’une des femmes du Prophète hgbvnvnv et constituer plusieurs copies du Texte Sacré. Cette contribution justifiait la mission du calife Othmane à préserver et à multiplier par un travail méthodologique et disciplinée la parole de Dieu dans le monde musulman.

Cinq exemplaires ont été envoyés en 647 vers les villes du monde musulman, le sixième resta en possession de Othmane. A la mort de ce dernier, Ali, le gendre du Prophète hgbvnvnv , l’emporta avec lui en Irak.

Cette reproduction est subtilisée par Tamerlan au 14e siècle qui l’emporte à Samarkand où elle est gardée des siècles durant jusqu’à l’arrivée des Russes dans cette région. Entres autres butins de guerre, l’armée russe s’empare du Coran pour le placer à la Bibliothèque impériale de Saint Petersbourg.

En 1917, à la révolution soviétique, Lénine confia cette copie aux musulmans de Bachkirie, petit État situé entre la Volga et les Monts de l’Oural. Un don qui ne laissa pas indifférent la population d’Ouzbékistan héritière de cette précieuse copie du Coran remontant aux premières années de l’Hégire.

Le Livre Sacré revint à la ville de Tachkent où il y est conservé dans la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh au cœur de l’antique quartier Hast –Imam. Ce manuscrit de 353 pages est en peau de gazelle.

D’autres exemplaires en fragments uniques sont préservés, notamment au Palais de Topkapı en Turquie, à la Bibliothèque nationale égyptienne, qui daterait de l'an 688, soit cinquante-six ans après le décès du Prophète (QSSSL), et qui a peut-être été constituée sur la base des manuscrits de Othmane. On recense également des fragments anciens préservés en Syrie, en Egypte, en Afrique du Nord.

Il a été établi également qu’une ancienne copie existe à Delhi à la mosquée Jumma Masjid et qui remonterait au premier siècle de l’Hégire.
Il y a lieu de mentionner que les plus beaux Corans enluminés ont créés entre le IVe et le VIe siècles de l’Hégire lunaire.

De l’époque seldjoukide, dynastie qui régna en Asie antérieure, on peut mentionner un Coran qui fait partie des plus anciens manuscrits enluminés. Actuellement, ce Coran demeure un trésor de l’art islamique.



http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/31024



Lamia Nazim


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:27

hjbbng


Il y a plusieurs centaines années, le plus ancien manuscrit du Coran a été découvert en Égypte, mais il a été exposé à la bibliothèque de France (bibliothèque François Mitterrand). Il est composé de quelques feuillets, on peut en compter environ soixante feuilles, rédigées sur parchemin, qui ont été gardées dans un bon état.



Les chercheurs auraient effectué un travail de datation, Uthman ben Affan aurait déclaré qu’il remonterait aux années 50 à 100 de l’Hégire (VIIè siècle après J.C.). Une mention sous le document révèle qu’il est le plus ancien coran et que la datation est assez approximative, car il n’existe pas aujourd’hui de manuscrits qui proviennent du 9e siècle. De plus la mesure au carbone 14 n’a pas pu être réalisée. De ce fait, son estimation a été réalisée par le biais de critère orthographique et paléographique. L’écriture de ce manuscrit est en hijâzî, c’est un style qui a été nommé au 20e siècle.

Une comparaison a été effectuée entre l’ancien coran et celui d’aujourd’hui il n’a pas pu être constaté aucune différence.

http://leplus.info/ancien-coran


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:30

hjbbng


Londres : un des plus ancien Coran du monde exposé au British Museum

C’est à Londres, au British Museum, qu’une des plus anciennes copies du Saint Coran, prêté par la British Library, sera visible lors d’une exposition sur l’Islam. L’exposition souhaite illustrer, à travers ces objets, le Hajj « Un voyage au cœur de l’Islam ».
Ajib.fr | Publié le 14 janvier 2012 par oumzaza



Un des plus vieux Coran du monde
Ce Coran date du 8ème siècle et sera l’objet le plus ancien de l’exposition. Un manuscrit copié, d’après les historiens, à la Mecque ou à Médine. L’un des premiers Corans au monde, appelé Ma’il Qur’an, à cause de son écriture inclinée vers la droite. Ce type d’écriture correspond bien à un des styles de scripts développés lors de la période de l’avènement de l’Islam en Arabie Saoudite. On y trouve aucune voyelle aidant à la prononciation lors de la lecture, et chaque verset se termine par six petits traits rangés par piles de trois. D’après David Jacobs, restaurateur à la British Library, « La copie du Ma’il Qur’an est au British Museum depuis le 19ème siècle ». Il ajoute que le manuscrit est très extrêmement fragile, friable, et qu’il a besoin de soins, d’attention et d’une surveillance constante de son état. Il ne peut donc pas être visible non stop pour ces raisons.
La Hajj, 5ème pillier de l’Islam

L’exposition aura pour but premier de faire connaître aux visiteurs ce qu’est le grand pèlerinage de l’Islam. Ce voyage spirituel dont l’exposition va essayer de retracer l’histoire et l’évolution. Une quantité importante d’objets de différentes collections, y compris des pièces historiques et de nouvelles œuvres d’art contemporain seront mis en avant, révélant l’impact durable et croissant du pèlerinage sur l’ensemble du globe à travers les siècles. Les pèlerins sont toujours arrivés de loin, et mettaient parfois des mois avant d’arriver à destination. Fidèles d’Afrique, d’Asie, d’Europe, ou bien du Moyen Orient… Les axes utilisés par les pèlerins au fil des années seront retracés durant cette exposition.

Cette exposition a été organisée en partenariat avec la Bibliothèque publique de Riyad du Roi Abdulaziz.Le British Museum a déclaré dans un communiqué de presse qu’un grand nombre d’objet avait été prêté à l’occasion de cet évènement. L’Arabie Saoudite a même prêté une Seetanah, parure recouvrant la porte de la Kaaba. L’exposition sera riche en histoire, entre le matériel archéologique, les manuscrits authentiques, les textiles, les photographies. L’exposition ouvrira ses portes le 26 janvier au public.

http://www.ajib.fr/2012/01/exposition-coran/


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:46

hjbbng


Coran complet sur tissu, Inde, moghole, XVIIIe siècle, neskh, encore noire sur tissu peint en vert, avec des enluminures florales dorées et polychromes



Ceci est un Coran très inhabituel qui représente la fusion de l’art persan et indien qui a fleurit au XVIIIe siècle dans l’Inde moghole. Le Coran est écrit en minuscule écritures neskh noires et les différents versets sont marqués en noire dans des cocardes rouges. Les en-têtes de sourates sont écrits en écritures thoulth rouges, les cinq larges cocardes contenant bismillah sont écrites en noir sur cocardes or et sont décorées avec des enluminures dorées et polychromes. Si l’on se réfère au colophon, il a fallu deux années pour finir ce Coran (1130-32 H / 1718-1720 ap. J.-C.). Le fait d’écrire sur un support tel que du tissu peint explique peut-être la durée de fabrication de ce Coran qui a été offert au gouverneur d’Allahabad, Amir ‘Abdallah. A la fin du XVIe siècle, Allahabad devint la capitale de la province et son importance a été remarquée par nombre d’auteurs indiens et européens ayant visité l’Inde au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.


http://www.iis.ac.uk/view_article.asp?ContentID=105529


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 12:51

hjbbng

Voilà, j'espère que ce petit dossier improvisé vous aura plu ...
je m'arrête là, mais si vous voulez poster des choses, n'hésitez pas! ce n'est pas que mon post à moi :)
salam aleykoum.



Léon Belly (1827-1877)
Pélerins allant à La Mecque
1861


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-05-19, 13:51

hjbbng

un dernier article de ma part...




Le Journal du Musulman |
Un yéménite a trouvé le plus ancien exemplaire du Coran au Monde et refuse 12 millions de Ryals -


30 octobre 2012


Un jeune yéménite a trouvé le plus ancien exemplaire du Coran au Monde. Ce jeune, qui demeure près de la ville de Ad Dali’, a trouvé le moushaf dans une grotte située au sud de la ville au milieu d’un relief montagneux très difficile d’accès. De plus le jeune homme a trouvé ce Coran dans une circonstance bien particulière puisqu’il ne l’a pas vu dans un premier temps mais il a plutôt trébuché en passant à coté de cette trouvaille très précieuse.

L’exemplaire qui est recouvert de cuir et contient une matière cireuse très rare. De plus la calligraphie arabe ne fait pas apparaître de voyelle et ni de point sur les lettres.
En 200 après l’hégire

Il y a une inscription en première page qui indique qu’il a été retranscrit en 200 après l’hégire, ce qui prouve bien que c’est l’exemplaire du Coran le plus ancien du monde.

La somme de 12 millions de Ryals yéménites, soit environ 56 000 Dollars, lui a été proposée contre la vente du Coran en question. Mais il a refusé de le céder.

http://journaldumusulman.fr/un-yemenite-a-trouve-le-plus-ancien-exemplaire-du-coran-au-monde-et-refuse-12-millions-de-ryals/


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-09-25, 22:38

hjbbng 

plus personne ne veut faire de petits dossiers? snif :(
lancez un sujet...


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2013-09-27, 18:11


Salam aleykoum,

"La somme de 12 millions de Ryals yéménites, soit environ 56 000 Dollars, lui a été proposée contre la vente du Coran en question. Mais il a refusé de le céder".

56.000. dollars pour le plus ancien exemplaire du Coran au Monde, par contre 500.000. euros pour discuter pendant 15 minutes avec une jeune actrice de cinéma !

Dans le verset 97 de la sourate "At-Tawba", Dieu a dit : "Les Bédouins sont plus endurcis dans leur impiété et dans leur hypocrisie, et les plus enclins à méconnaitre les préceptes que Dieu a révélés à Son messager. Et Dieu est Omniscient et Sage".


"Quand on veut une chose, tout l'Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve" (Coelho)
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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2014-05-25, 10:57

hjbbng 

voilà ce qu'est un exposé frère Abdul Malik.
un copié collé oui, mais qui a nécessité du temps.


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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   2014-08-14, 14:46

hjbbng 






Après la découverte en Iran, en 2012, d’un Coran datant de plus de cinq siècles rédigé sous la dynastie des Séfavides qui a dominé ce pays de 1501 à 1722, un autre Coran beaucoup plus ancien a été  déterré en Turquie. C’est dans la mosquée de Bodrum, une ville du sud-ouest, située dans la province de Muğla, que ce Coran a été décelé par un imam qui a cru au départ à un livre ordinaire. Enveloppé dans un morceau de tissu, rédigé à la main, les chiffres inscrits sur ce Coran démontrent, selon les spécialistes, qu’il a plus de 1200 ans.

Cette découverte exceptionnelle a été transmise à la Bibliothèque nationale d'Izmir, qui possède déjà une collection de 74  manuscrits  du Coran.


Salam aleykoum
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MessageSujet: Re: Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran   

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Exemplaires originaux ("d'origine...", anciens...) du Coran
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