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 Quelle aqida

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louniwn
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MessageSujet: Quelle aqida   2012-11-12, 22:14

Salam alikoum wa rahmatoullah
Je me pose une question qui peut sembler ridicule, mais bon. Cela concerne ma aqida. Suis je asharite ou autre?
Pour moi Allah n'est pas un corps, il n'est pas localisé mais est au dessus du trône et au dessus de sa création (cela peut paraitre contradictoire), il n'a pas de comment.
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sister B
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MessageSujet: Re: Quelle aqida   2012-11-16, 11:03

:llllll:

'Abd al-Hayy Ar-Rajshahi a résumé le dogme acharite concernant les attributs d'Allah en disant : « Selon les Ash'arites, Allâh est Un, Unique, Éternel et est un Être existant. Il n'est pas une substance, ni un corps, ni un accident, ni limité par une quelconque direction et ni contenu par un quelconque espace. Il possède des Attributs tels que l'omniscience, la toute-puissance, la vie et la volonté. Il est entendant, voyant et est doué de la parole (2.) ».

(2) A History of Muslim Philosophy du Professeur 'Abd al-Hayy Ar-Rajshahi



L’Imam Abou Hanifah dit que Allah n’est pas un corps et qu’Il est exempt de la limite

L’Imam Abou Hanifah a dit dans son livre « Al Fiqh al Akbar » (page 324 de cette édition qui est un charh -commentaire- du livre « Al Fiqh al Akbar » réalisé par le Chaykh Moulla ‘Ali Al-Qari, mais 2ème page du traité de croyance de l’Imam Abou Hanifah qui est cité à la fin du livre) :

« وهو شىءٌ لا كالأشياءِ، ومعنى الشىءِ إثباتُهُ بلا جسمٍ ولا جوهرٍ ولا عَرَضٍ، ولا حدَّ لهُ، ولا ضدَّ لهُ، ولا ندَّ له، ولا مِثلَ لهُ »

« Il [Allah] existe mais pas comme tout ce qui existe. C’est-à-dire qu’Il n’est pas un corps (bila jism), ni une substance (wa la jawhar), ni une caractéristique d’un corps. Il est exempt de la limite. Il est exempt de l’opposé. Il est exempt du semblable et du ressemblant. »

Informations utiles :

- L’Imam, le Moujtahid Abou Hanifah an-Nou’man Ibnou Thabit, est l’un des savants du Salaf les plus réputés. Il est né en 80 et il est décédé en 150 de l’Hégire (rahimahou l-Lah). C’est-à-dire il y a plus de 1280 ans. Il est l’Imam de l’école Hanafite et il a eu l’honneur de rencontrer des compagnons du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam)

- Son livre « Al-Fiqh Al-Akbar » est un livre qu’il a écrit sur la croyance.

- Ici, l’Imam Abou Hanifah dit que Allah n’est pas un corps et qu’Il exempt de la limite.

roses221

L’Imam An-Nawawi dit que Allah n’est pas localisé dans une direction et qu’Il est exempt du corps et du déplacement
11
08
2011


Dans son commentaire du Sahih Mouslim (tome 3 page 19 de cette édition), l’Imam An-Nawawi a dit :

« أن الله تعالى ليس كمثله شيء وأنه منزه عن التجسم والانتقال والتحيز في جهة وعن سائر صفات المخلوق»

« Certes Allah ta’ala, rien n’est tel que Lui, Il est exempt du corps, du déplacement, de la localisation dans une direction et de toutes les autres caractéristiques des créatures ».

Informations utiles :

- L’imam, le Hafidh Abou Zakariyya Mouhyi d-Din Yahya Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (rahimahou l-Lah), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Chafi’i. Son charh (commentaire) du Sahih Mouslim est incontournable.

- Ici, l’Imam An-Nawawi aborde des points importants dans la science du Tawhid (la science de l’Unicité), à savoir que Allah n’est pas localisé dans une direction, qu’Il est exempt du corps, du déplacement et de toutes les autres caractéristiques des créatures.

source: islam sunnite.


 
kljiio
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La Illaha Illa Anta sobhanaka inni kountou min Edhalimin.♥ 
   Salam Alaykoum
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sister B
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Féminin Nombre de messages : 10443
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MessageSujet: Re: Quelle aqida   2012-11-16, 11:17

:llllll:

mise en garde contre l'asharisme:



Au nom d’Allah, l’Infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux


Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches, et tous ses Compagnons !

Les Mou’tazilites sont les travestis des philosophes et les Ash’arites sont les travestis des Mou’tazilites. Yahya ibn ‘Ammâr disait : « Les Jahmites sont les mâles et les Ash’arites sont les femelles. » Majmû’ el Fatâwâ (6/359).


Introduction

Il est possible de classifier les «négateurs » (Mu’attila) dans le domaine des Noms et Attributs divins de la façon suivante :

D’un côté, nous avons les philosophes qui se divisent en deux catégories : les philosophes purs (à l’exemple de Fârâbî) et les philosophes Batinites (adeptes de l’ésotérisme) ; ces derniers se divisent en deux catégories : les Rafidhites ismaéliens (à l’exemple d’ibn Sînâ et des Ikhwâns e-Safâ), et les soufis panthéistes (Ittihadiya) à l’exemple d’ibn ‘Arabî et d’ibn Sib’în.
De l’autre côté, nous avons Ahl el Kalâm (les scolastiques, ou les théologiens dogmatiques) qui se divise en cinq catégories ; les Jahmites dont le fondateur est Jahm ibn Safwân, les Mu’tazilites dont le fondateur est Wâsil ibn ‘Ata, les kullâbites dont le fondateur est ‘Abd Allah ibn Kullâb, les Ash’arites chez lesquels il faut distinguer entre anciens et nouveaux Ash’arites et dont le fondateur est Abu el Hasan el Ash’arî, et les Mâturîdites dont le fondateur est Abû Mansûr el Mâturîdi .

Il est possible de les classer également en fonction de leur degré de négation où ils sont quatre catégories :

Ceux qui renient tous les Noms et tous les Attributs d’Allah (comme chacun à sa façon, ibn Sînâ, les Jahmites, les Qarrâmites, el Hallâj, et les panthéistes qui sont les « soufis maximalistes »).
Ceux qui reconnaissent les Noms mais qui renient tous les Attributs (les Mu’tazilites, les Rafidhites duodécimains qui sont les « Shiites maximalistes », les Shiites Zaïdistes, les Ibâdhites Kharijites).
Ceux qui reconnaissent tous les Noms et reconnaissent au niveau des Attributs, les « Attributs essentiels » du Seigneur (Sifât e-Dhâtiya) indépendamment de Ses « Actions volontaires » (Sifât Fi’liya Ikhtiyâriya) ; ce sont les Kullâbites, et les premiers Ash’arites.
Ceux qui reconnaissent tous les noms et seulement sept Attributs (la Vie, le Savoir, la Force, la Volonté, l’Ouïe, la Vue, et la Parole) ; ce sont les nouveaux Ash’arites et les Mâturidites.

Extraits de introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/36-51) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.


Les Kullâbites

Les Kullâbites sont les adeptes d’Abû Mohammed ‘Abd Allah ibn Sa’îd ibn Kullâb el Qattân (m. 243 h.) Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous le présente en ces termes : « Avant Abû Mohammed ibn Kullâb, il y avait deux tendances : d'un côté, il y avait celle des traditionalistes qui reconnaissent les Attributs et les Actions dont le Seigneur se particularise, et qui proviennent de Son Pouvoir et de Sa Volonté. De l’autre côté, il y avait celle des Jahmites à l’image des Mu’tazilites et d’autres tendances qui reniaient tant les Attributs que les Actions d’Allah. Ibn Kullâb quant à lui, reconnaissait les Attributs essentiels du Seigneur, mais il ne concevait pas qu’Il puisse être l’Auteur d’Actions qui proviendrait de Sa Volonté et de Son Pouvoir. Abû el ‘Abbâs el Qalânisî lui concédait ce credo ainsi qu’Abû el Hasan el Ash’arî et bien d’autres.
Quant à el Hârith el Mahâsibî, il adhérait au credo d’ibn Kullâb, c’est pourquoi l’Imam Ahmed ordonna de le mettre en « quarantaine » (l’exclure). Ce même Ahmed mettait en garde contre ibn Kullâb et ses adeptes. Par la suite, el Hârith aurait renié ce credo. »

Cette tendance qui fut innovée par ibn Kullâb, fut connue par la suite sous le nom de Mutakkalima e-Sifâtiya (les théologiens qui reconnaissent les Attributs), étant donné que dans une certaine mesure, ibn Kullâb penche vers la tendance traditionaliste, bien que sa voie soit quelque peu entachée par l’innovation. S’il reconnaît en effet, que certains Attributs peuvent être liés à l’Essence divine, il ne reconnaît pas pour autant qu’il puisse provenir certains Actes volontaires de cette même Essence. Il s’employa ardemment à contrer les Jahmites, mais il avait recours dans ses débats à l’analogie ; ce qui l’obligea à leur concéder certains principes qu’ils avaient innovés, comme l’impossibilité qu’Allah puisse parler en utilisant des lettres, qu’Il puisse être l’auteur de certains Actes volontaires ou de la Parole qui proviendrait de Sa Volonté et de Son Pouvoir, etc.
Il devint par la suite, une référence incontournable chez tous ceux qui comme lui reconnaissaient les Attributs divins, et qui furent les adversaires acharnés des « négateurs ». Cependant, ils se sont imprégnés de certains principes erronés que leurs adversaires avaient établis. Cela les a amenés à avoir des conclusions qui furent tant contraires à la raison qu’à la Tradition prophétique. Ibn Kullâb a donc innové une nouvelle tendance qui sous certains aspects est conforme à celle des « anciens » mais également à celle des Mu’tazilites et des Jahmites. Il est donc le fondateur d’une troisième école, connue sous le nom de « Sifâtiya » ; ces derniers reconnaissent certes les Attributs divins, mais leur discours est imprégné de certains principes Jahmites.
Ainsi, el Qalânisî, el Mahâsibî, Abû Sulaïmân e-Dimashqî, Abû Hâtim el Bustî et tant d’autres, ont adhéré à cette tendance. Ces derniers sont les ancêtres d’el Ash’arî ou la « première génération » Ash’arîte. Ibn Kullâb est donc le premier Imam Ash’arîte ; il était cependant plus opposé aux Jahmites et plus proche des traditionalistes que son futur élève. Or, avec le temps, la tendance Kullâbite commençait à prendre ses distances avec celle des « anciens » ; ces héritiers Ash’arîtes en effet avaient de plus en plus d’affinité avec les Mu’tazilites. Nous avons vu qu’ibn kullâb était plus proche du chemin des anciens qu’Abû el Hasan el Ash’arî ; lui-même était plus conforme à la tendance « orthodoxe » qu’el Qâdhî Abû Bakr el Bâqillânî qui relativement était plus proche qu’Abû el Ma’âlî el Juwaïnî et de ses partisans. Cela explique la raison pour laquelle, on peut déceler dans le discours de savants comme e-Râzî et el Ghâzalî qui vinrent bien plus tard, certains emprunts à la philosophie, alors qu’Abû el Ma’âlî el Juwaïnî n’y avait pas recourt à son époque.
Par contre, tant e-Râzî, el Ghâzalî, qu’Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, tous étaient plus imprégnés des idées Mu’tazilites que leurs prédécesseurs Abû el Hasan el Ash’arî ; lui-même était plus influencé par l’I’tizâl que son maître spirituel Abû Mohammed ibn Kullâb. Ce dernier a emprunté lui aussi certaines idées Mu’tazilites qui étaient étrangères aux traditionalistes et aux grandes références de la religion. Ainsi, une erreur peut sembler bénigne au départ et prendre des proportions terribles par la suite ; bienheureux celui qui restera attaché à la Sunna ! Les Kullâbites se sont éteints en tant que secte, mais leurs idées ont continué à être véhiculés par l’intermédiaire des Ash’arîtes.
Ainsi, les Kullabites sont apparus avant les Ash’arites et les Mâturîdites dans le temps ; ses débuts remontent au milieu du troisième siècle hégirien. Il faut la considérer comme la première secte du Kalâm après celle des Jahmites et des Mu’tazilites. Ibn Kullâb est mort en 243 de l’hégire ; les dernières sectes du Kalâm ont fait leur apparition au début du quatrième siècle ; leur fondateur est pour les Ash’arites, Abû el Hasan el Ash’arî (m. 324 h.), et pour les Mâturîdites Abû Mansûr el Mâturîdi (m. 333 h.) ; ces deux sectes existent encore jusqu’à nos jours.

Extraits de introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/36-51) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.


Les Ash’arites

Abû el Hasan el Ash’arî est dans la continuité des Kullâbites. Il a vécu dans la période entre 260 et 324 de l’hégire, et adhéra au Mu’tazilisme durant quarante ans. Il fut élevé en effet dans la maison de son beau-père Abû ‘Alî el Jubbâî, le chef de file des Mu’tazilites à Bassora. Il renonça ensuite à cette secte pour se pencher vers la voie Kullâbite qui l’influença pour une longue période. Il fut probablement séduit par les écrits d’ibn Kullâb à l’encontre des adeptes de son ancienne tendance, et par ses réfutations acerbes qui démasquaient la nature de leur credo. Ibn Kullâb avait la plume hostile notamment contre les Jahmites et les Mu’tazilites. El Ash’arî ne s’est toutefois pas rendu compte qu’ibn Kullâb avait ses limites. Reconnaissant les « Attributs essentiels » (Sifât e-Dhâtiya) d’Allah, et adversaire acharné des Mu’tazilites, son maître spirituel n’en était pas moins influencé par ces derniers lorsqu’il s’agissait de renier les « Attributs volontaires » (Sifât Ikhtiyâriya) qui sont liés au Pouvoir et à la Volonté du Très-Haut. C’est pourquoi, ibn Kullâb ne concevait pas à la manière des Mu’tazilites, que le Seigneur puisse parler selon Sa Volonté et Son Pouvoir. Il reniait également d’autres « Attributs volontaires » comme la Satisfaction, la Colère, la Haine, le Courroux, etc.

Au cours de cette phase, el Ash’arî était très actif. Il écrivait, faisait des débats, et donnait des cours contre les Mu’tazilites, sous l’impulsion de la voie Kullâbite. Par la suite, il fit la rencontre de Zakariyâ ibn Yahya e-Sâjî qui lui donna un nouveau tournant dans sa vie. Ce dernier lui fit découvrir les principes que suivaient les traditionalistes. e-Sâjî était le grand Sheïkh et le grand Hâfizh (érudit) de Bassora, mais ses enseignements ne s’arrêtaient pas là. Au cours de son voyage à Bagdad, il se mit en contact avec les hanbalites de la ville qui lui ont permis de parfaire sa nouvelle initiation. La pensée d’el Ash’arî s’est arrêtée à cette troisième et dernière phase. Cependant, il avait une grande expérience du Kalâm et il accusait certaines lacunes dans le domaine de la Sunna. Cela a eu des conséquences sur sa pensée, car il resta imprégné de certains principes Mu’tazilites qui se voulaient contraires à la Tradition prophétique. Il pensait qu’il était possible d’utiliser ces principes pour défendre la Sunna. Ce mariage des idées fut tangible dans des questions telles que la vision du Seigneur le Jour de la Résurrection, Sa Parole, les « Attributs textuels » (e-Sifât el Khabariya), etc.

Selon e-Sujzî, il a en fait abandonné les éléments subsidiaires du Mu’tazilisme mais il en garda les principes tels que la preuve par l’accident, qui consiste en définitive à renier les Attributs divins. Ibn Taïmiya nous apprend à ce sujet : « Abû Mohammed ‘Abd Allah ibn Sa’îd ibn Kullâb el Basrî et Abû el Hasan el Ash’arî s’opposaient aux Mu’tazilites et rejoignaient les traditionalistes sur l’ensemble de leurs principes. Néanmoins, ils étaient peu versés dans la Sunna et ils concédaient en parallèle aux Mu’tazilites certains principes erronés. C’est pourquoi, il est possible de déceler dans leur discours certaines paroles Mu’tazilites qui vont à l’encontre de la Sunna, bien que dans l’ensemble ils n’adhéraient pas à cette tendance. » Ibn Taïmiya souligne dans un autre ouvrage : « les grands Imams traditionalistes reprochaient à ibn Kullâb et à el Ash’arî d’avoir gardé certains restes du Jahmisme et du Mu’tazilisme comme le fait d’approuver la méthode par l’accident et l’assemblage (ou la composition) des corps. Ils reniaient notamment qu’Allah puisse être l’auteur d’Actes volontaires qu’Il choisit de faire, etc. »

Les Ash’arites ont connus plusieurs étapes et plusieurs phases dans leur développement. Au début, ils ont cultivé la pensée du Kalâm (d’ibn Kullâb), ils ont ensuite fortement glissée vers l’I’tizâl, pour en fin de parcourt faire un mélange entre leur credo et la philosophie. Les néo-Ash’arites ont un penchant pour le Jahmisme voire pour la philosophie. En cela, ils se distinguent de la pensée de leur fondateur et des grandes références parmi ses partisans. Les anciens Ash’arites reconnaissaient dans l’ensemble les « Attributs textuelles », à l’instar d’Abû el Hasan el Ash’arî, Abû ‘Abd Allah ibn Mujâhid, Abû el Hasan el Bâhilî, el Qâdhî Abû Bakr el Bâqallânî, Abû Ishâq el Asfarâînî, Abû Bakr ibn Fawrk, Abû Mohammed ibn e-Lubân, Abû ‘Ali ibn Shâdhân, Abû el Qâsim el Qushaïrî, Abû Bakr el Baïhaqî, etc.

Par contre, les nouveaux partisans d’Abû el Hasan comme Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, et tant d’autres, ils ne reconnaissent que les « Attributs rationnels ». Certains d’entre eux renient carrément les « Attributs textuels » bien que d’autres à l’exemple d’el Râzî et d’el Âmudî ne se prononcent pas à leur sujet. Ceux qui renient les « Attributs textuels » ont deux comportements à leur encontre ; les uns ont recourt au Ta-wîl (interprétation des Textes), les autres ont recourt au Tafwîdh (l’incompréhension des Textes en disant que Seul ALLah en pénètre le sens NDT.). Quant à el Ash’arî et ses premiers adeptes, ils établissaient que toute interprétation entraînant implicitement de renier les Attributs, était considéré comme fausse. Ils ne se contentaient pas de dire qu’ils n’avaient pas accès à la compréhension des Textes, ils allèrent jusqu’à condamner les interprétations des « négateurs ».

Cette confusion qui régna entre les anciens et les nouveaux Ash’arites entraîna comme nous l’avons évoqué précédemment, un penchant de plus en plus marqué vers l’I’tizâl qu’ils mélangèrent plus tard à la philosophie. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous propose l’analyse suivante : « Certains Ash’arites ont emprunté le même chemin que les Mu’tazilites vis-à-vis des « Attributs textuels » ; la majorité d’entre eux ont eu la même attitude que leurs pères Mu’tazilites à l’encontre des textes provenant du Hadith. Concernant les Attributs issus du Coran, ils ont deux opinions à leur sujet : el Ash’arî, el Bâqallânî, et les anciens parmi eux les reconnaissent ; d’autres en reconnaissent certains, mais d’un autre côté, ils se comportent envers eux à la façon des Jahmites. El Ash’arî s’est abreuvé de la pensée de son beau-père el Jubbâî ; le grand Sheïkh des Mu’tazilites. L’inspiration de ce dernier dans le domaine du Kalâm est une vérité à laquelle souscrivent ses partisans et d’autres à l’unanimité. Plus tard, el Bâqallânî était plus à cheval vis-à-vis des Attributs issus du Coran tout comme ibn Fawrk dans une moindre mesure après lui ; ce dernier en effet reconnaissait seulement une partie des textes du Coran sur le sujet.
Quant à el Juwaïnî et tous ceux qui suivaient la même voie, ils ont penché vers la tendance Mu’tazilites. Abû el Ma’âlî en effet lisait beaucoup les écrits d’Abû Hâshim el Jubbâî, et il était peu versé par les annales scripturaires. Ces deux paramètres à la fois ont joué un grand rôle sur sa pensée. À l’époque d’Abû Bakr el Bâqallânî (m. 403 h.), ce dernier prit les commandes de cette tendance qu’il a améliorée ; il lui a établi les prémices rationnelles auxquelles les textes doivent se soumettre. Il fit de ses règles des principes dans la continuité des credo de la foi, dans le sens où il incombe à chacun d’y adhérer. Il a contribué dans une large mesure à rapprocher la tendance Ash’arite des enseignements du Kalâm et à la réglementer selon ses règles. Ces initiatives ont eu pour conséquence qu’il exista une ressemblance énorme entre l’Ash’arisme et le Mu’tazilisme. Si el Ash’arî donnait la priorité aux textes sur la raison, il n’en fut pas le cas pour el Bâqallânî, qui considérait que toutes les questions liées à la croyance devaient être soumises à la raison. Ainsi, el Bâqallânî est considéré comme le deuxième fondateur de l’Ash’arisme.

Il y a eu ensuite, Imam el Haramaïn el Juwaïnî (m. 478 h.) qui a utilisé les outils de la logique (grecque) pour soutenir cette croyance. Il s’est cependant opposé à el Bâqallânî sur de nombreuses règles qu’il avait établies. Bien qu’el Juwaïnî a plus profité de son bagage du Kalâm que des paroles d’el Bâqallânî, il n’en demeure pas moins qu’il a mélangé son Ash’arisme avec certains aspects du Mu’tazilisme, en s’inspirant des ouvrages du Mu’tazilites Abû Hâshim el Jubbâî. Il est ainsi sorti du giron du Qâdhî dans plusieurs questions, pour conforter son inspiration Mu’tazilite. Il ne s’inspire même pas des écrits d’Abû el Hasan el Ash’arî, il se contente de rapporter ses paroles par intermédiaire. À l’image d’el Ghazâlî (m. 505 h.), et d’ibn el Khatîb e-Râzî (m. 606), Les néo-Ash’arites se sont reposés sur la méthode d’el Juwaïnî. Cependant, ils ont ajouté à cette influence Mu’tazilite dont el Juwaïnî est l’instigateur, l’influence de la philosophie. Ainsi, l’Ash’arisme s’éloignait et s’égarait de plus en plus.

El Ghazâlî a puisé ses enseignements du Kalâm dans les écrits de son maître el Juwaïnî, el Irshâd, e-Shâmil, qui contiennent les enseignements d’el Baqallânî. Il s’est inspiré dans ses enseignements philosophiques des écrits d’ibn Sînâ. C’est pourquoi, il est dit que l’ouvrage e-Shifâ (le remède) d’ibn Sînâ l’a rendu malade. Abû Hâmid s’est inspiré également des lettres Ikhwâns e-Safâ et celles d’Abû Hayyân e-Tawhîdî et autre. Quant à Râzî, il a puisé ses enseignements du Kalâm dans les écrits d’Abû el Ma’âlî et de e-Shahrstânî. E-Shahrstânî s’inspire lui-même d’el Ansârî e-Nisâbûrî, qui s’inspire d’Abû el Ma’âlî. Il s’est fortement imprégné des enseignements Mu’tazilites par l’intermédiaire des œuvres d’Abû el Husaïn el Basrî (m. 436 h.). Dans le domaine de la philosophie, il s’est inspiré d’ibn Sînâ, de Shahrstânî, et bien d’autres. On retrouve leur Ash’arisme prépondérant, dans le fait qu’ils sont Murjites (laxistes) concernant le statut des personnes et Jabarites (déterministes) dans le domaine du Destin. Dans le domaine des Attributs, ils ne sont pas de purs Jahmites bien qu’ils soient imprégnés par cette tendance. Ils ne légitiment pas non plus de se rebeller contre les autorités en place en se conformant ainsi aux traditionalistes. Dans l’ensemble, parmi les adeptes du Kalâm, ils sont relativement les plus proches de l’orthodoxie musulmane. »

Extraits de l’introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/52-57) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.


Les facteurs à l’origine de l’expansion de la tendance Ash’arite

Premièrement : la secte Ash’arite a pris ses racines à Bagdad qui fut la capitale fleurissante de l’Empire Abbasside ; elle attirait les regards des Tullâb el ‘Ilm (étudiants) de tous les coins de la terre. Séduits par cette tendance, une fois de retour aux pays, ses nouveaux adeptes portaient son message aux diverses provinces de l’Empire, en sachant que ses grandes références vivaient dans la capitale.

Deuxièmement : le bon voisinage qui régnait entre les Ash’arites et les hanbalites. Les Ash’arites ont profité de cette proximité avec les hanbalites pour répandre leurs idées. S’ils n’avaient pas fait preuve ainsi de complaisance, ils auraient connu le même sort que les Mu’taziltes qui reçurent une opposition acerbe de la part des hanbalites. Il y avait entre les Ash’arites et les hanbalites un climat de paix et de connivence. Abû el Hasan el Ash’arî lui-même se revendiquait de la tendance traditionaliste dont la référence principale à ses yeux était l’Imam Ahmed. Il était considéré dès lors comme un adepte du Kalâm traditionaliste. ةtant donné que les Ash’arites sont relativement conformes à la Sunna, ils furent considérés comme une branche du Hanbalisme, de la même façon que les adeptes du Kalâm hanbalites qui avaient pour référence certains outils de la « raison ».
Le divorce s’est fait avec l’affaire el Qushaïrî qui fut l’un des élèves d’ibn Fawrk, un Ash’arite du Khurâsân où les membres de la secte avaient sombré dans la « négation des Attributs ». Tout à commencer quand le Qâdhî Abû Ya’lâ écrivit son ouvrage Ibtâl e-Ta-wîlât où il s’en est pris à ibn Farwk, le Sheïkh d’el Qushaïrî, à une époque où le Khalifa de Bagdad étaient de son côté. Cependant, les choses ne sont pas restées ainsi. El Qushaïrî reçut plus tard l’appui des autorités Seldjoukides ; cette liberté d’action fut à l’origine d’une longue affaire.

Troisièmement : certains émirs et vizirs étaient affiliés à la tendance Ash’arite, dont les plus importants sont notamment :

1- le vizir Nizhâm el Mulk qui prit en mains les affaires des sultans Seldjoukides. Il devint en effet vizir sous le règne d’Alp Arslan et Malik chah pendant une période de trente ans (soit de 455 h. /1063 à 485 h. /1092). Sous son règne, il fit ouvrir les écoles Nizhâmiya qui prirent son nom, dans plusieurs provinces comme à Bassora, Asfahân, Balkh, Harrât, Murû, el Mu-sal. Les plus grandes et la plus importante d’entre elles fut la Madrassa e-Nizhâmiya à Nisâbûr et à Bagdad. Nizhâm el Mulk avait de l’admiration pour les soufis et les Ash’arites. C’est pourquoi, il a joué un grand rôle dans la vulgarisation du dogme Ash’arite.

2- le Mahdî ibn Tûmart (m. 524 h.) qui était à la tête de l’Empire des Muwahhidûn. Il s’appelait exactement Abû ‘Abd Allah Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn Tûmart qui se donna le titre de Mahdî. Il réussit à se faire un pouvoir au Maghreb au début du cinquième siècle de l’hégire. Auparavant, il s’était rendu en Iraq pour enrichir quelque peu sa culture religieuse. Il avait un ascendant pour l’ascétisme et la piété. De retour au Maghreb, il conquit les cœurs de certains montagnards et ignorants très peu cultivés en Islam. Il leur donna quelques enseignements et il s’est même autorisé à leur montrer de faux miracles afin de les faire adhérer à sa conception de la religion. Il revendiqua notamment être le Mahdî annoncé par le Prophète (salaLLahû 'alayhi wa salam) et ses adeptes lui vouaient une énorme considération. En raison des principes Ash’arites et philosophiques qu’il avait inculqués à ses partisans, ses derniers se sont autorisés à verser le sang des musulmans en attentant à la vie de milliers d’habitants de la région qui étaient fidèles au traditionalisme. Ils furent accusés à tort d’être des Mushabbiha (Assimilateurs) et des Mujassima (anthropomorphistes). Ainsi, ibn Tûmart fut à l’origine de l’extension de la croyance Ash’arite en terre du Maghreb, qui baignait auparavant dans un climat Salafî.

3- Salâh e-Dîn el Ayyûbî. Saladin était de confession Ash’arite. Dans son enfance, il apprit par cœur une ‘Aqîda (profession de foi) sur le modèle Ash’arite que lui avait rédigé Qutb e-Dîn Abû el Ma’âlî Mas’ûd ibn Mohammed ibn Mas’ûd e-Nisâbûrî, qui fut l’une des grandes références Ash’arites. Comme tous les autres enfants, Salâh e-Dîn avait mémorisé cette ‘Aqîda en bas âge, qu’il avait transmise à ses enfants. Lorsqu’il prit les rênes du pouvoir, il fit imposer cette croyance à tous. Cette situation dura tout au long de la dynastie Ayyubides, et elle se prolongea ensuite au temps des mamelouks turcs. Ce facteur a énormément contribué à répandre l’Ash’arisme dans le monde musulman. L’Égypte qui fut le siège du pouvoir Ayyubide, représentait le phare de la civilisation islamique à cette époque. L’Université el Azhar a énormément contribué à populariser le dogme Ash’arite que Salâh e-Dîn avait importé en Égypte, après avoir mis un terme à la dynastie des fatimides ismaéliens. Depuis cette époque, el Azhar enseigne la ‘Aqîda Ash’arite jusqu’à nos jours.


La déviance des Ash’arites

Les Ash’arites dévient de la croyance traditionaliste sur de nombreux points dont notamment, à titre d’exemple :

Leur seule référence dans le domaine du divin (de l’Unicité) et de la prophétie, c’est la raison. Ils classent le domaine de la croyance en trois chapitres : le divin, la prophétie, et les paroles scripturaires. Ils entendent par paroles scripturaires, toutes les questions en relation avec l’eschatologie musulmane telle que la Résurrection, le grand Rassemblement des hommes, l’Enfer, le Paradis, etc. ils nomment ce chapitre ainsi, car c’est le seul domaine où ils s’inspirent des textes sacrés. Pour ce qui concerne le divin, et la prophétie, ils s’en remettent uniquement à la raison.
Ils assument que la foi consiste uniquement à approuver la religion avec le cœur. En cela, ils ne considèrent pas que les actes fassent partie de la foi (à l’instar des Murjites ; les Murjites sont plusieurs tendances, mais les Jahmites et les Ash’arites ont l’une des plus mauvaises conceptions de la foi, étant donné notamment qu’ils ne considèrent même pas la parole comme faisant partie intégrante de la foi NDT.).
En se basant sur leur définition de la foi, ils ne considèrent pas que l’Unicité de la divinité (Tawhîd el Ulûhiya) compte parmi les branches de l’Unicité. L’Unicité selon eux, consiste à dire qu’Allah est Unique dans Son Essence sans ne faire aucun partage, Unique dans Ses Actions sans avoir aucun associé, et Unique dans Ses Attributs sans avoir aucun égal. Cette définition ne fait nullement mention de l’Unicité de la divinité. C’est pourquoi, il est possible de constater que les sociétés où l’Ash’arisme est répandu, ne porte pas l’accent sur ce point important ; celles-ci sont contaminées par l’Association et l’Innovation étant donné que les gens n’apprennent pas qu’Allah est Unique dans Son Adoration sans n’avoir aucun associé.
En se basant également sur leur définition de la foi, ils ne considèrent pas que l’attachement à la Tradition du Prophète (salaLLahû 'alayhi wa salam) entre dans sa définition. Selon eux, la foi au Prophète se limite à approuver ses enseignements. C’est pourquoi, les sociétés Ash’arites sont contaminées par l’Innovation.
Ils se distinguent des traditionalistes dans le domaine des Noms et des Attributs.
Ils se distinguent des Traditionalistes dans le domaine du destin ; domaine dans lequel ils rejoignent les Jabrites (déterministes).
Ils se distinguent des traditionalistes sur la question de la vision d’Allah le Jour de la Résurrection. Ils soutiennent en effet qu’Il pourra être vu sans qu’Il ne soit dans un endroit quelconque.
Ils se distinguent des traditionalistes sur la question de la Parole d’Allah ; ils ne reconnaissent pas la Parole incréée d’Allah comme il convient puisqu’ils considèrent qu’elle correspond à une « parole intérieure », etc.

Extraits de : introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/57-62) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.


Le Mâturîdisme

La secte Mâturîdite est considérée comme la sœur de sang de la secte Ash’arite tant ces deux dernières se ressemblent et s’entendent à tel point qu’elles donnent l’impression d’être une seule et même secte. Il est ainsi difficile de les différencier. D’ailleurs, les adeptes de ses tendances assument d’une seule voix qu’Abû el Hasan el Ash’arî et Abû Mansûr el Mâturîdî sont les deux Imams d’Ahl e-Sunna. La raison principale de cette entente est liée à leur concordance au niveau des idées en sachant qu’ils divergent sur un nombre restreint de questions ; concordance d’autant plus tangible avec les néo-Ash’aristes.

Néanmoins, pour comprendre ce phénomène, il faut prendre en considération d’autres raisons non moins importantes. La plus importante d’entre elles revient probablement au fait qu’elles prirent naissance à la même époque et de surcroît dans des zones géographiques distinctes, ce qui d’emblée fut une barrière contre toute rivalité. Le Mâturîdisme s’est propagé pour sa part, dans un milieu Hanafî dont les adeptes vivaient à l’est et au nord du monde musulman. Il est rare de trouver un Hanafî adepte de la ‘Aqîda Ash’arite, comme ce fut le cas d’Abû Ja’far e-Samnânî.

Quant à l’Ash’arisme, il a pris pied dans un univers Shâfi’ites et Mâlikites qui se trouvent actuellement au Moyen-Orient, au Maghreb, dans le sud et le sud-est du monde musulman. La majeure partie des Shâfi’ites et des Mâlikites sont Ash’arites, bien que pour nuancer, il faille distinguer entre le commun des gens et la classe la plus cultivée. Abû Mansûr Mohammed ibn Mohammed ibn Mahmûd ibn Mohammed el Mâturîdî (m. 333 h.) est le fondateur du Mâturîdisme. Ce dernier fut compté parmi les légistes Hanafî, il était à l’aise dans le domaine de la polémique et du discours, mais il était moins versé dans celui de la Tradition et des annales. Il a suivi la méthode du Kalâm pour établir les questions du dogme à la manière dans une large mesure des néo-Ash’aristes. Il est possible de le classer parmi les adeptes du Kalâm qui reconnaissent les Attributs divins (e-Sifâtiya), tout comme ibn Kullâb et Abû el Hasan el Ash’arî. El Mâturîdî a repris les idées d’ibn Kullâb dans de nombreuses questions liées aux Sifât (Attributs).

Il est notoire que les Hanafîs et les gens de l’Est en général furent parmi les premiers à subir l’influence du Kalâm. Il faut savoir que Jahm ibn Safwân venait de ces régions. L’Imam Ahmed fait remarquer à son sujet que : « Des hommes parmi les adeptes d’Abû Hanifa et de ‘Amr ibn ‘Ubaïd à Bassora l’ont suivi… » Par ailleurs, Bishr ibn Ghiyâth el Mirrîsî (m. 228 h.) et le Qâdhî Ahmed ibn Abî Duâd (m. 240 h.) et bien d’autres étaient Hanafîs. Il n’est donc pas étonnant qu’el Mâturîdî de l’école Hanafî soit un fervent défenseur du Kalâm et l’un des acteurs ayant posé ses fondements au point d’en devenir l’une de ses plus grandes références, et le fondateur d’une école qui lui dédia son nom par la suite.

El Mâturîdî ne s’éloigne pas de la pensée qu’Abû el Hasan el Ash’arî a connue dans la deuxième phase de son cheminement. Il était un opposant acerbe aux Mu’tazilites ; leurs deux écoles respectives sont les héritières proclamées de l’école Kullâbite considérée comme une troisième voie à mi-chemin entre celle des traditionalistes et celle des Jahmites. La bataille était rude entre d’un côté les défenseurs des Textes et de l’autre côté les rationalistes. Ibn Kullâb s’est donné la vocation de conjuguer entre les références religieuses et le Kalâm comme nous l’avons déjà souligné. Durant ses beaux jours, la pensée Kullâbite avait des adeptes en Iraq, à Raï, dans le Khurasân, derrière le grand fleuve (en Asie Central) où les sectes abondaient. Contrairement à l’Ash’arisme, le Mâturîdisme n’a pas connu d’évolution et a relativement gardé tout au long des siècles les mêmes idées.

Extraits de l’introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh Confessions

Certaines grandes références Ash’arites ont fait l’aveu à la fin de leur vie, que les sciences du Kalâm étaient plus maléfiques qu’autre chose et qu’elles les avaient fait tourner en rond tout au long de leur parcours, pour les faire sombrer au bout du compte dans le doute et le désarroi. Il leur aurait été si simple cependant de suivre la lumière de la Révélation, qui ne s’oppose nullement à la raison, lorsque celle-ci est saine. En sachant, qu’il vaut mieux tirer leçon des autres que de devenir une leçon pour les autres, voyons quelle expérience nous offre, toutes ces têtes pensantes en commençant par leur chef de file :

• Abû el Hasan el Ash’arî (m. 324 h.) déclare en introduction à son dernier livre qui prend ainsi la forme d’un testament : « L’opinion à laquelle nous adhérons et la religion à laquelle nous croyons, est celle qui consiste à s’accrocher au Livre de Notre Seigneur Tout-puissant, à la Tradition de notre Prophète (salaLLahû 'alayhi wa salam), et aux annales rapportées des Compagnons, de leurs Successeurs (Tâbi’în), et des grandes références traditionalistes. Nous nous retranchons derrière ces enseignements. L’opinion d’Abû ‘Abd Allah Ahmed ibn Hanbal –qu’Allah illumine son visage, l’élève en degré, et le comble de la meilleure récompense – est la nôtre, et celle de ses adversaires est contre la nôtre. Il est le noble Imam, le chef parfait, par lequel Allah dévoila la vérité, dissipa les ténèbres, montra la voie, et brisa l’innovation des hérétiques, l’égarement des égarés, et le doute des sceptiques. Qu’Allah comble de Sa Miséricorde cet Imam devancier, illustre, encensé, et magnifié, et tous les Imams des musulmans… »

• Abû el Ma’âli el Juhaïnî (m. 478 h.), l’un des plus grands experts du Kalâm, s’est exclamé un jour devant ses disciples : « Mes amis ! Ne vous intéressez pas au Kalâm, si j’avais su un jour qu’il allait me faire devenir ce que je suis devenu aujourd’hui, je n’y aurais jamais touché. » Il a dit également : « Si je pouvais revenir en arrière, je ne toucherais jamais au Kalâm. » Avant de mourir, il recommanda à ses enfants réunis autour de lui : « Est-ce que vous connaissez quelqu’un de plus éclairé que moi dans les sciences du Kalâm ?
Non ! Répondirent-ils.
Pouvez-vous donc douter de mes paroles ?
Non !
Je veux vous faire une recommandation, l’acceptez-vous ?
Oui !
Accrochez-vous aux enseignements des traditionalistes, car j’ai vu que la vérité était de leur côté. »

Juste avant de rendre l’âme, il fit l’aveu : « J’ai lu cinquante mille fois cinquante mille ouvrages. J’y ai laissé les adeptes de l’Islam et leur religion ainsi que leur savoir littéraliste (ou exotérique). Je me suis embarqué dans un océan immense et je me suis rempli du savoir interdit par les musulmans. Mon but, c’était la recherche de la vérité alors que j’avais peur tout au long de mon parcours de suivre les autres aveuglément. Aujourd’hui, je reviens à la vérité. Accrochez-vous donc à la religion des grands-mères ! Au moment de quitter ce monde, voici mes dernières paroles : il n’y a de dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah ! Malheur à el Juwaïnî ! »

• Abû Hâmid el Ghazâlî (m. 505 h.) serait mort avec Sahîh el Bukhârî sur les bras. Il fut pourtant au cours de sa vie, passionné par le Kalâm et la philosophie, il est même considéré comme le premier à avoir introduit la logique grecque dans la matière d’Usûl el Fiqh. Mais cette passion démesurée l’a fait sombrer dans le désarroi et le scepticisme, c’est pourquoi à la fin de sa vie, il se pencha sur l’étude du Hadith à travers le recueil d’el Bukhârî et de Muslim. Il est passé auparavant par plusieurs phases dont notamment le soufisme ; il a même écrit deux réfutations contre le Kalâm et la philosophie qui porte pour titre : Tahâfut el Falâsifa et Iljâm el ‘Awâm.

• Abû el Fath, Mohammed ibn ‘Abd el Karîm e-Shihristânî (m. 548 ou 549 h.) est l’auteur de ces paroles : « Accrochez-vous à la religion des grands-mères, car c’est le meilleur cadeau que vous pouvez avoir. » Il reconnut même dans deux vers devenus célèbres, qu’en fin de parcours, la philosophie et le Kalâm conduisaient au scepticisme.

• Fakhr e-Dîn e-Râzî (m. 606 h.) dénonça le Kalâm de sa plume à la fin de sa vie, en disant notamment : « j’ai contemplé les différentes méthodes du Kalâm et celles de la philosophie, mais je n’ai pas vu qu’elles guérissaient les cœurs malades ni qu’elles étanchaient la soif. Je me suis alors rendu compte que le chemin le plus proche était celui du Coran… Or, celui qui prendra le chemin par lequel je suis passé, pourra savoir ce que je sais aujourd’hui. » Il a déclaré également : « Celui qui s’en tient à la voie des grands-mères, sera le grand gagnant. »

• Mohammed el Khûnjî (m. 646 h.), était l’un des Imams du Mantiq (la logique grecque) à son époque. Pourtant, avant de mourir, il a eu les paroles suivantes : « Je meurs alors que je ne sais rien si ce n’est que le « possible » dépend de l’ « impossible »… si l’on sait que la dépendance est une qualité négative, hé bien je meurs en ne sachant rien. »

• ‘Abd el Hamîd ibn ‘Îsâ el Khasrû Shâhî (m. 652 h.) fut l’un des plus fervents disciples de Fakhr e-Dîn e-Râzî, mais il sombra dans le doute et le désarroi comme peuvent en témoigner ses paroles de détresse qui s’adressent à un autre savant notable : « Quelle est ta croyance ?
Celle des musulmans !
Tu es à l’aise en me disant cela ? Tu en es convaincu ?
Bien sûr !
Hé bien ! Remercie Allah pour ce bienfait immense, car moi par Allah ! je ne sais pas quelle est ma croyance ! je ne sais pas quelle est ma croyance ! je ne sais pas quelle est ma croyance ! » Il s’est ensuite mis à pleurer à tel point que sa barbe en fut mouillée.


Conclusion

Force est de constater que la tendance traditionaliste, connue notamment sur le nom de Hanbalisme, ou plus récemment « wahhabisme », ou « salafisme » est très mal perçu par les diverses tendances musulmanes dont les Ash’arites font partie, avant de l’être par les orientalistes et les chrétiens en général. Si les grandes références de l’Ash’arisme, qui est pourtant la secte ayant le plus de proximité avec Ahl e-Sunna, s’en font une représentation erronée, il faut alors s’imaginer la situation chez les autres sectes. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fait ce constat malheureux à travers les lignes suivantes :

« Bon nombre d’hérésiographes parmi les dernières générations recensent les diverses opinions qu’ils connaissent sur une question qui constitue pourtant l’un des fondements les plus illustres de la religion comme celui de la Parole d’Allah. Cependant, ils ne connaissent pas celle des anciens et des grandes références de la communauté qui renferment les bonnes tendances sur chaque point de la religion. Ainsi, ils n’en connaissent ni l’opinion ni les éventuels auteurs de ces opinions à l’instar d’el Shihristânî, l’auteur d’el Milal wa e-Nihal, dans lequel il recense les différentes pensées à travers les grandes civilisations, mais il ne dit pas un mot sur la tendance traditionaliste qu’il ne connaît même pas. Concernant la Parole d’Allah, de grands auteurs tels qu’el Qâdhî Abû Bakr, Abû el Ma’âlî, el Qâdhî Abû Ya’lâ, ibn e-Zâghûnî, Abû el Husaïn el Basrî, et Mohammed ibn el Haïsam omettent de citer la tendance certifiée chez les anciens et les grandes références à l’image d’Ahmed, lorsque ces derniers recensent toutes les tendances sur la question et que leur choix tombe sur l’une d’entre elles. »

Il a souligné ailleurs : « Quant aux enseignements du Messager, des Compagnons, de leurs Successeurs, et des grandes références des musulmans, ils n’en ont aucune connaissance. Ils ne font que citer un certain nombre d’opinions parmi lesquelles ils en choisissent une. Ils réfutent ensuite les autres tendances qui sont en fait toutes aussi fausses les unes que les autres, ce qui laisse l’observateur perplexe. La chose qui pourrait éventuellement le contenter, c’est de savoir qu’en se réfutant les unes les autres, toutes ses opinions s’écroulent d’elles-mêmes, comme il est possible de le constater dans la plupart des ouvrages philosophiques ou du Kalâm, que ce soit chez les premiers ou chez les nouveaux penseurs, à l’image de Râzî et d’el Âmûdî. » Cela concerne autant les adeptes du Kalâm, du Raï (l’opinion), que les soufis et les ascètes. Des têtes pensantes comme Abû el Ma’âlî, Abû Hâmid el Ghazâlî, ibn el Khatîb, etc. n’avaient aucune connaissance dans les sciences du Hadith, ils atteignaient à peine le niveau d’un débutant avant de pouvoir mesurer les grands spécialistes en la matière. Ils ne faisaient même pas la différence entre un Hadith authentique et un Hadith complètement inventé comme en témoignent la plupart de leurs ouvrages où l’on y trouve des choses incroyables !


Table des matières

2008/1429


Majmû’ el Fatâwâ d’ibn Taïmiya (5/555).
Da-r Ta’ârudh el ‘Aql wa e-Naql (2/1).
Née dans la culture grecque, et reprise dans une large mesure par les chrétiens, cette discipline qui consiste à connaître Dieu par la raison est condamnable, car la Révélation est le seul support pour avoir accès à ce domaine. La raison lorsqu’elle est saine ne peut que confirmer les enseignements que dévoile la révélation.
Majmû’ el Fatâwâ d’ibn Taïmiya (12/366).
Idem. (12/376).
Idem. (12/366).
Manhâj e-Sunna (2/327).
Majmû’ el Fatâwâ (12/202-203).
Ce terme a délibérément été choisi par le traducteur, car il faut le prendre dans son sens étymologique. Il provient en effet du grec ortho signifiant droit et doxa signifiant opinion, chemin ; en cela, il a le même sens que Sirat el Mustaqîm wa Allah A’lam !
Idem. (12/203).
Baghiya el Murtâd (p. 351).
Voir el istiqâma (1/105).
Voir : Majmû’ el Fatâwâ d’ibn Taïmiya (5/386) et Tadhkira el Huffâzh de l’Imam e-Dhahabî (2/907).
À la base, le Hanbalisme est une école de Fiqh au même titre que le Hanafisme, le Shâfi’sme, et le Mâlikisme. Les fondateurs de ses quatre écoles suivent le même credo. Après l’inquisition (Mihna) que les Khalifes abbassides ont fait subir aux traditionalistes, l’Imam Ahmed est devenu l’un des symboles du traditionalisme. De plus, à travers le temps, les partisans du Hanbalisme sont restés les plus fidèles à l’orthodoxie musulmane. C’est pourquoi, avec le temps, le Hanbalisme fut associé au traditionalisme. (Voir : L’introduction à la profession de foi d’ibn Batta d’Henri Laoust). (N. du T.)
Les « Attributs textuels » correspondent pour les adeptes du Kalâm aux attributs dont la connaissance est exclusivement puisée dans les Textes, contrairement aux Attributs dits rationnels dans le sens où la raison les conçoit tout à fait. (N. du T.)
Voir : e-Rad ‘ala man Ankara el Harf wa e-Sawt (p. 168) et Mawqif ibn Taïmiya min el Ashâ’ira (1/367).
El Istiqâma (1/212).
Da-r Ta’ârudh el ‘Aql wa e-Naql (7/97).
Idem.
Majmû’ el Fatâwâ (4/147-148).
Manhâj e-Sunna (2/223-224).
Manhâj e-Sunna (2/223-224).
El Muqaddima d’ibn Khaldûn (p. 465).
Voir : Muqaddima e-Tamhîd d’el Baqallânî (p. 15), recension par el Khudhaïrî et Abû Raïda.
Voir : Nash-a el Ashâ’ira wa Tatawwaruha (p. 320).
Voir : Baghiya el Murtâd (348-351).
Il ne faut pas confondre avec el Hasan el Basrî, l’un des Successeurs des Compagnons (Tâbi’în), qui compte parmi les traditionalistes (N. du T.).
Voir : Baghiya el Murtâd (348).
Majmû’ el Fatâwâ (7/55).
Voir : Mawqif Sheïk el Islam ibn Taïmiya min el Ashâ’ira (2/499).
Majmû’ el Fatâwâ (6/52-53).
Majmû’ el Fatâwâ (6/52-54).
L’une des raisons qui ont contribué à l’essor de l’Ash’arisme que le D. e-Tamîmî a omis de citer est à partir du cinquième siècle de l’hégire l’introduction du Soufisme dans les rangs de ses adeptes par l’intermédiaire de deux hommes qui furent Abû el Qâsim el Qushaïrî et Abû Hâmid el Ghâzâlî. Voir l’introduction à e-Risâla el Wâdhiha fî e-Rad ‘alâ el Ashâ’ira (1/38) d’ibn el Hanbalî, recension du Docteur ‘Alî e-Shibl.
Voir : Mawqif Sheïk el Islam ibn Taïmiya min el Ashâ’ira (2/500).
Voir : Majmû’ el Fatâwâ (11/475).
El Kutat d’el Maqrizî (2/358).
Voir sa biographie dans : el Mâturîdiya (1/209) du docteur Shams e-Dîn el Afghân.
Voir : Majmû’ el Fatâwâ (7/433), Kitâb el Îmân (p. 414), Manhâj e-Sunna (2/362).
E-Rad ‘alâ el Jahmiya (103-105).
Extraits pour cette partie de l’introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/62-64) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.
Le Kalâm consiste à chercher à percer les mystères qui sont liés au divin uniquement par la raison et au détriment de la Révélation. En cela, il a énormément d’affinité avec la théologie chrétienne, car tous deux s’inspirent du raisonnement philosophique grec.
El Ibâna fî Usûl e-Diyâna. Sheïk Hammâd el Ansârî est l’auteur d’une recherche où il démontre que non seulement Abû el Hasan est bel et bien l’auteur d’el Ibâna mais qu’il fut l’un des derniers si ce n’est le dernier de ses ouvrages. [Voir : Rasâil el ‘Aqîda de Hammâd el Ansârî (p.61-108)]
Voir : el Munazhzham (9/19), Talbîs Iblîs (p. 98).
Siar A’lâm e-Nubala (18/473).
Talbîs Iblîs (p. 98).
El Munazhzham (9/19), Talbîs Iblîs (p. 98).
Voir : l’introduction de : Qâ’ida fî e-Rad ‘alâ el Ghazâlî fî e-Tawakkul d’ibn Taïmiya (p. 101), recension du Docteur ‘Alî Shibl.
Voir sa biographie dans Siar A’lâm e-Nubala (20/286).
Voir : Nihâya el Aqdâm (p. 3-4).
Voir : Siar A’lâm e-Nubala (21/501).
El Bidâya wa e-Nihâya (13/55).
Voir : e-Rad ‘alâ el Muntiqiyûn de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (p. 114).
e-Rad ‘alâ el Mantiqiyin (p. 327).
Dar e-Ta’ârudh (2/307).
Idem. (9/67-68).
El Furqân baïna el Haqq wa el Bâtil dans Majmû’ el Fatâwâ (13/25).
Majmû’ el Fatâwâ (13/25). El Ghazâlî lui-même disait que son bagage était léger dans les sciences du Hadith. voir : Majmû’ el Fatâwâ (35/176).


source: Al-haqq.


 
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